‹ Le Bon génieChapitre 95 sur 135 · LES ÉTRENNES · texte numérisé non relu

LES ÉTRENNES

Il n'est certainement pas un de mes lecteurs qui ignore ce qu'on entend par le mot ctrennes; mais ils ne savent peut-être pas d'où viennent et ce mot, et l'usage de faire des présents le premier jour de l'année. Il paraît que leur origine remonte au temps où

Tatius, roi des Sabins, régna dans Rome conjointement avec Roniulu5. Tatius ayant refjardt; comme un bon augure le présent qu'on lui fit, le premier jour de Tan, de quelques branches coupées dans un bois consacré à Sdeiuta, déesse de la force, autorisa cette coutume dans la suite, et donna à ces présents le nom de Strvnœ, d'où dérive celui d'étrennes. Les Romains célébraient ce jour là une fête de Janus, et honoraient en même temps Junon: mais ils ne le passaient pas sans travailler, afin de nétre pas paresseux le reste de Tannée. Ils se faisaient réciproquement des présents de figues, de dattes de palmier, de miel, pour témoigner à leurs amis qu'ils leur souhaitaient une vie douce et agréable. Les clients, c'est-àdire ceux qui étaient sous la protection des grands, portaient ces sortes d'étivimes à leurs patrons, et y joignaient une petite pit-ce d'argent. Sous l'empire d'Auguste, le sénat, les chevaliers et le peuple, lui présentaient des élrennes, et en son absence ils les déposaient au Capitole. On eraplovait le produit de ces présents à acheter des statues de quelques divinités, l'empereur ne voulant point appliquer à son profit les libéralités de ses sujets. De ses successeurs, les uns adoptèrent cette coutume, d'autres l'abolirent: mais elle n'eu eut pas moins lieu entre les particuliers, et c'est de là qu'elle s'est perpétuée jusqu'à nous.

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