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Le Bon Journal [microforme]

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R. P. MARION, O.P. mm ©,

Le Bon Journal : où

Une force

L'oeuvre principale Que faisons-nous ?

L'OEUVRE Des TRACTS MONTRÉAL

Pris: 6 sous l’exemplaire, Casier ponal No Len ose mil, rt an plus. Casier postal No 1482, Montréal,

Cum permissu Superiorum Nihil obstat |

E. Hégerr Censor librorum

I mprimatur

t Grorass, évêque de Philippopolis adm.

80 mars 1919.

Messeigneurs, Mes Frères :

Les Canadiens français de l'Ontario donnent aujourd’hui un bien beau témoignage de leur foi. Réunis en Congrès pour assurer leur survivance en cette province, ils se groupent d’abord aux pieds des saints autels et une messe inaugure leurs délibérations. Autrefois, quand Jacques Cartier descendait sur la pointe de Gaspé, quand Champlain jetait les assises de Québec, quand Maisonneuve fondait Montréal, l’histoire rappelle qu’ils commencèrent par planter une croix et faire célébrer une messe.

Les hardis explorateurs qui remontèrent l’Outaouis et découvrirent la région qui s'appelle aujourd’hui l'Ontario, firent la même chose — car, ne l’oubliez pas, l'Ontario fut découvert, et depuis longtemps, par des Français. Champlain lui-même, en 1613, foulait le s0l de notre ville, contemplait l'aspect sauvage et grandiose des chutes Chaudière et Rideau, deux ans plus tard s’avançait plus avant jusqu’au village huron où le Père Le Caron l'avait précédé et avait célébré la première messe ontarienne, Humbles - descendants de ces fiers chrétiens, nous gardons évidemment la foi qu’ils nous ont léguée et conservons leurs saintes traditions, car nous voiei encore agenouillés devant la croix et le Dieu de l’Eucharistie.

Recevez, ô Dieu Tout-Puissant, l'hommage de ce petit peuple qui vous est resté fidèle. Quand d’autres nations renient la foi de leur baptême, nous aimons à proclamer que vous êtes notre Dieu, que Jésus-Christ

1 Cette allocution a été prononcée à la messe du 5me Congrès de l’Association Canadienne-française d'Éducation d'Ontario, À Ottawa, le mercredi, 26 mars 1919, Deux évêques, Monseigneurs Latulippe et Béliveau y assistaient.

s'est fait homme et est mort pour nous, que l'Église est la société sainte en dehors de laquelle il n'y a pas de salut. Oui, c'est pour accomplir ce devoir que nous sommes à vos pieds, à Dieu Tout-Puissant. Les nations comme les individus doivent reconnaître votre majesté infinie. La nôtre aujourd'hui aime à vous redire avec Celui qui vous a glorifié infiniment: « O Père qui êtes dans les cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel. »

Puis à cette nation qui vous adore, donnez le pain quotidien qui soutiendra son existence; donnez-lui de fortes convictions religieuses qui l’empêchent de se laisser séduire par toutes les fausses doctrines et les mirages de l'esprit humain; donnez-lui le sens de la justice, de l'honnêteté, de la chasteté, de toutes ces vertus qui sauvent — car une race ne meurt pas de ses blessures, elle meurt de sa pourriture; dunnez-lui l'esprit de sacrifice afin qu’elle considère la vie non comme un banquet insensé où l’on se plonge dans toutes les ivresses et les voluptés, mais comme un noble devoir qu'il faut remplir et ne jamais trahir, comme un talent précieux qu'il faut faire fructifier et ne jamais gaspiller:; donnez-lui enfin la liberté, cet air pur que l’on respire avec tant de bonheur, qui dilate les poumons, qui permet à la fleur d’étaler ses délicates corolles, qui donne au chêne d'étendre sa vaste ramure, et qui permet à un peuple de multiplier ses tentes, de développer son génie, de parler sa langue et de garder ses chères traditions.

Voilà, mes Frères, l’adoration et la prière que les Canadiens français de l'Ontario adressent aujourd’hui au Seigneur. Puisse Dieu les agréer, bénir les travaux de leur Congrès, inspirer aux délégués des conseils de sagesse et des mesures de salut!

Pour moi, mon rôle ne consistera qu’à vous indiquer le principal et l'indispensable moyen d’apostolat dont doivent se servir ceux qui veulent travailler à la gloire de Dieu et au salut de notre race, je veux parler de la

presse et particulièrement du journal.

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