ACTE DEUXIEME
BABIOLE
Avec plaisir !
ZOÉ
Tu as été sage, à Paris?... Bien vrai ?...
BABIOLE
Ma chère amie, je suis aussi sage à Paris que je le suis en province !
ZOÉ
Voilà une réponse, qui n'est pas compromettante!.. As-tu pensé à moi seulement?
BABIOLE
Chaque fois que je me suis trouvé dans l'obscurité.
ZOÉ
Ah!... Tu ne vas pas recommencer tes taquineries !
BABIOLE
Non... je vais simplement te faire part d'une réflexion, qui m'est venue.
ZOÉ
Quelle réflexion?
Je me suis dit : « Ma femme ne m'admet dans sa » chambre qu'à la faveur des plus épaisses ténèbres; )) avant de me recevoir, elle éteint toutes les lumiè- » res et je dois déguerpir, comme Roméo, au chant » de l'alouette. Pourquoi? Est-ce par poésie?... Se » figure-t-elle ainsi que c'est le prince Charmant, » qui vient lui rendre visite? »
ZOÉ
Il faudrait une forte imagination! Je t'ai déjà répondu que c'était...
BABIOLE
Par pudeur!... Oui, je sais! Mais ça ne tient pas deljout! Tu ne faisais qu'une chambre avec Bourgaclîon.
ZOÉ
Pardon !
BABIOLE
Je me suis informé! Alors,, pourquoi serais-tu plus pudique avec ton second mari qu'avec ton premier ? Ce n'est pas vraisemblable : donc il y a autre chose!... Et, cette autre chose, je crois bien que je l'ai trouvée !
ZOÉ
Ah!
BABIOLE
A l'avant-dernière séance du Congi'ès médical, l'ordre du jour étant épuisé, j'ai demandé la parole et j'ai soumis ton cas à mes huit cent cinquante collègues.
ZOÉ, outrée.
Oh!...
BABIOLE
Sans te nommer, bien entendu!... L'avisa été unanime : « Cette dame cache quelque difformité... »
ZOÉ, indignée.
Mais non, monsieur ! .
BABIOLE
« Ou une tache quelconque, un signe, une envie, » enfin ce qu'on appelle un noevus, en dermatolo- » gie... »
ZOÉ
C'est ridicule !