CHAPITRE III
Autorité comparée des croyants et des incrédules
dans l'ensemble de l'humanité.
La difficulté de croire procède de la nature même de la religion, qui n'est pas une évidence et qui est une règle; de la nature de l’homme qui cherche Dieu avec un regard faussé, tantôt par les infirmités morales, tantôt par les infirmités de lesprit ; enfin, d’un vice de méthode consis-
tant à poursuivre la découverte de la vérité par des moyens
qui ne sont ni proportionnés, ni appropriés à la fin. Après cet exposé, la raison est amenée à conclure que bien peu d'hommes sont entièrement innocents de leur incrédulité, parce qu’il en est peu en qui la difficulté de croire fasse
exactement contre-poids au besoin de croire. C’est pour- - quoi un si grand nombre, dit Hamilton, répudient tous les éléments de conviction et sont convaincus par la cloche de
leur agonie ! Sans doute, le solidaire résiste à ce suprême
argument ; mais il doit se verser un enivrement de sectaire |
pour exalter son sinistre courage, et la preuve qu’en cette détermination il suit moins la nature qu'il ne la violente,