‹ Le Bon Sens de la foiChapitre 76 sur 121 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Origines certaines de la vraie religion ses faits primitifs.

Il n’est pas possible de soutenir avec la moindre vraisemblable que les Évangiles sont, ou d’un autre temps ou * d’autres auteurs que ceux auxquels nous les rapportons. La : discussion des preuves et {celle des objections fournissent,

sur ce point, les témoignages les plus indubitables, Mais, il ‘% est un fondement aussi indispensable à la certitude des ori- De. pis ne se Pauihentiens des port Svangeliques

demande d'être prouvée pièces en sta et qui pa ue démonstration par raisonnement spéculatif, parce qu elle est du domaine de la science, non de celui de l'inspiration. Considération frappante, relativement à la certitude des faits évangéliques! Ils ne sont attaqués que par des philo- tous les historiens. Cette remarque de Kengstemberg, le __ plus savant exégète de l'Allemagne, dirime le procès. Elle constate, en effet, qu'à l'encontre de ces faits on oppose des. systèmes, non des preuves, et que, s'ils sont contestables au

* sophes ou par des théologiens incrédules ; ils sont admis par #

bénal des sciences spéculatives, parce qu elles ont jours une théorie au service de leurs affirmations les pli impossibles, ils sont indubitables au tribunal de l’histoiré, Î | où seuls lés faits certains ont le droit de prévaloir contre : ceux qui ne le sont pas. |

soit en Allemagne, autour de cette question, les dupes ont. Cru qu’on avait découvert quelque imposture ou quelque mystification à la base de l’histoire évangélique. Il n'en était rien du tout. Deux sortes de rêveurs avaient paru : les” uns, rationalistes, qui prétendaient que les faits de l'Évangile n'étaient point des miracles ; les autres, mythologistes, qui soutenaient que les miracles de l'Évangile n'étaient point des faits. Les premiers niaient la réalité surnaturelle les seconds, la réalité historique de ces événements. Mai

ceux-ci, Comme ceux-là, ne produisaient que des interpré- A tations ingénieuses à l’appui, sans une seule justification positive. La critique en appelle toujours à la science expé- À rimentale, et elle n’est que la science des hypothèses contre l'expérience.

Sur quoi se fondent ceux qui rejettent le caractère mira= culeux de l’histoire évangélique ? IIS passent condamnation 312 Sur le fond du récit, mais ils l’expliquent en tenant compte 5 du siècle et des personnes qui nous l'ont transmis, C’est- ne dire des formes superstitieuses usitées à cette époque pour décrire de tels événements. Si la narration était consignée avec la précision d'idées et de langage propre à notre génération, nul doute qu’elle prouverait, à leurs yeux, ou une intervention de la divinité ou une supercherie des auteurs ;

inais ces naïfs documents rapportent, sans artifice comme ;

aussi sans nulle rigueur historique, un fond Fe vérité déf-

guré par des broderies sans nombre ; ils finissent par expri-

er des croyances plutôt que des faits, et c ’est à la pratique.

d'aller démêler la part des faits, sous les formules de ces

É croyances. De là, un travail à elle imposé, celui de dédou- 4 bler l’histoire sacrée, en classant dans la catégorie du vrai ce qui appartient à l’ordre naturel, dans celle du faux ce qui est surnaturel. Evhémère, Eicchorn, Semler, Paulus,, sont les principaux représentants de ce système appliqué parles uns, à l'Ancien, par les autres, au Nouveau-Testab: ment. Nous verrons, plus tard, avec quelle audace de témé- rité et d’invraisemblance. | | De leur côté, sur quoi se fondent les mythologues pour . repousser, non-seulement le caractère miraculeux, mais » encore la réalité de l'histoire évangélique? Ils l’envisagent comme un poëme formé par la tradition, et comme une cs création psychologique, d’où se dégage une idée exprimée È par des événements le plus souvent fictifs. Toutes les his- toires, disent-ils, ont commencé par des mythes, celle des Hébreux ne peut faire exception. Gabler, Baur, Vater, de - Vette ont essayé d'expliquer par ce principe de critique tout l'Ancien Testament. La tentation d'Eve, l'épisode de 4 Noé, de l'arche, de Babel se prêtent si merveilleusement à « ces jeux d'interprétation? Veckein, professeur de théologie à Münster, a poussé la fantaisie d’une telle méthode jusqu’à … comparer, sous le rapport de la réalité, l'enlèvement d'Héa noch à celui de Ganymède, l'apparition de l'ange à Agar à à celle d’Apollon à Diomède, Jéhovah secourant Gédéon et 4 Jupiter sauvant les Troyens. Enfin, après beaucoup de mythologues éclectiques, le docteur Frédéric Strauss est

venu qui à fait une application de la même théorie, et d’une. manière plus radicale, au Nouveau-Testament. Selon lui, la critique n’a pas d’instrument assez tranchant pour isolèr l'élément réel de l'élément symbolique dans les annales du christianisme primitif! c’est pourquoi il faut rendre compte

de tous les faits de l'Évangile par des mythes purs, et re- :

noncer à la tentative d’en extraire le moindre résidu certain, Évidemment nous touchons au scepticisme historique,

Que répondre à ces attaques de nuances diverses ? Rien de plus direct que ces deux thèmes de défense : les faits évangéliques sont vrais : 1° comme surnaturels ; 2 comme

historiques ; en effet, les théories, soit rationalistes, soit my=

thologistes ne vous semblent-elles pas s’évanouir comme de la fumée à cette exposition de la simple vérité?

Avant de dire ce que nous pensons de tels arguments, il est bon de dire ce qu’en pensent leurs auteurs, M. Renan trouve la première de ces exégèses parfois ingénieuse, mais le plus souvent subtile et forcée (1). Quant à ia seconde : « Manquant, dit-il, du sentiment de l’histoire et du fait, Strauss ne sort jamais des questions de mythe et de symbole (2), » Strauss lui-même s’indigne « de ces productions monstrueuses d’un système qui remanie l’histoire sans frein ni règle. » Enfin, Baur déclare qu'après chacun de ses essais

(1) ZTist. erit, de Jésus.

(2) Jia,

tions. Car, le texte littéral est-il moins facile à croire que de

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