DE L’EXTENSION QUE DOIT AVOIR
Je sais que lhérésie et le schisme ont fait des prodiges | souplesse pour échapper à ces conclusions, en étendant 1 lien catholique à tous ceux qui croient en Jésus-Christ, d telle sorte qu'il soit possible de sortir du catholicisme sans sortir de la catholicité; le simple bon sens fait justice d cette prétention et de cet expédient. Renier le symbole et. l'autorité de l’Église, et s’en attribuer les caractères incommunicables ; refuser d’être cathdlique par la soumission, et. aspirer à l’être par les prérogatives; enfin, réclamer le titre de citoyen dans une cité dont on s’est séparé, et croire M
que l’on fait partie d’un arbre dont on est une branche cou- 4 - pée, c’est montrer beaucoup d’exigences envers le catholi- « cisme, et bien peu envers sa propre raison. Que l’hérésie et le schisme s’essaient donc à s’universaliser comme nous, ou Ô qu’ils cessent de s’arroger les honneurs de notre universa= lité ! Si nous sommes catholiques en vertu d’une force pure- : ment humaine, le même champ leur est ouvert, les mêmes moyens leur appartiennent, ils doivent nous confondre par 4 un succès égal au nôtre : mais, que si nous sommes catho- + liques en vertu des promesses qui nous furent confiées, et 4 d'une grâce dont ils sont déshérités, ils doivent reconnaître # nos avantages, au lieu de tàcher d’en bénéficier tout en nous reniant. 4 È Voici ce que l’Église a fait pour établir et soutenir le. miracle de sa catholicité, et ce qu'aucune société religieuse ne saurait faire. Si nous-consultons l'expérience, elle nous apprend que l’ambition de la monarchie universelle est le < rêve de l'impossible. Les erreurs, comme les convoitises de : 7% l’homme, ont une portée restreinte dans leur force prosély= a tique; leur tempérament n’est pas cosmopolite, elles ont
besoin d’un ciel particulier pour fleurir. Aussi, à une heure - donnée, telle montagne arrête leur essor, tel fleuve leur … barre le passage. La puissance débordée de Cambyse, par
exemple, trouve une digue infranchissable en Egypte, celle d'Alexandre aux bords de l’Indus, celle d’Annibal à Capoue, celle de Napoléon dans les plaines de la Moskowa.
La puissance de Jésus-Christ, au contraire, est tellement universelle par nature que, sous le pontificat de saint Pierre, … l'Évangile avait été déjà prêché à tout le monde et à toute . créature. Au deuxième siècle, quand l’Église ne possédait encore d'autre domaine temporel que les catacombes et les échafauds, ses confesseurs répondaient aux interrogations des proconsuls : Je suis de l'Église catholique. Et Pline le … Jeunese plaignait de ce qu’il ne restait presque plus d’acheteurs pour les victimes païennes. Plus tard, l'empire romain » est chaque jour réduit par l'invasion des barbares, tandis * que l’Église s’accroit de l’adjonction des barbares et de la | conversion graduelle de l'empire. Enfin, depuis, la société religieuse la plus intolérante pour les passions, c’est-à-dire celle qui prescrit la monogamie indissoluble, la confession auriculaire, l’adoration eucharistique, n’a pas cessé d’être la plus nombreuse, si bien que sa population surpasse celle de toutes les sectes chrétiennes collectivement envisagées, et que, d’après les statistiques protestantes elles-mêmes, on * comptait déjà, en 1830, au moins trente-cinq millions de catholiques de plus qu'avant la révolte de Luther. ” Que la libre-pensée s’épargne donc la peine de notre oraià son funèbre! Dieu a toujours pourvu à la catholicité de la vérité sur la terre, et il y pourvoira. Il y à pourvu, car lorsque l’arianisme comporomettait par ses désertions l’in-
4. os et des Sarrasins venait la compléter. Lorsque #71 Grecs schismatiques sortaient de ce giron sacré, les Dan les Norwégiens, la Suède et la Hongrie y entraient. Lor.
Lnihes et Calvin levaient l'étendard de Re
veau- Monde bises ie soumission. Et Pate ne 4 ns pas que la Dons de cette catholicité ss À
eo fus
Qu'on prenne une mappemonde, qu’on évalue les conti- de: nents et les rivages, qu’on compte enfin tout le troupeau d du. Pasteur universel, et que la grande voix de ces peuples inconnus réponde pour Jésus-Christ Il y a cent ans, l'An 4 gleterre et l'Écosse ne renfermaient que soixante mille Æ catholiques dans leur sein; maintenant, elles en abritent * quatre millions, sans compter quatorze siéges épiscopaux relevés et la hiérarchie ecclésiastique rétablie. Il y a cent ans, il n'existait qu’un évêque aux Etats-Unis ; aujourd'hui, il y en à trente-huit, et cinq millions de fidèles marchent docilement sous la direction de ces houlettes vénérées. Enfir en Allemagne, en Asie, en Afrique, en Océanie, partout le développement catholique suit cette progression ; et ceu qui ferment les yeux à‘la divinité d’un tel fait, ne peu vent méconnaître le fait lui-même. Le seul Pie IX, en son immortel pontificat, a érigé plus de quatre-vingts siéges épiscopaux, plus de vingt vicariats ou préfectures apo t liques, et agrandi d’un dixième l'empire de la propaga de.
RE HÉESS F. . x e : 1e Ve : ; Que l’hérésie et le schisme nous exhibent le tableau d’un ccroissement équivalent, ou qu’ils reconnaissent que leur alité amoindrie est le signe’d’une inévitable fin. Toute
eligion qui ne remplace pas ses morts dépérit, en attendant qu'elle périsse; et si les pouvoirs matériels qui Fe. Lo soutiennent lui conservent sous le ciel son existence nomi- = nale, un jour vient où, tout en ons son territoire, elle
a perdu sa population.
Il y a des alarmistes malveillants pour » P'glise QUI ,$6 Crus L donnent la peine de pleurer sa mort par avance. C’est beau- 4 | coup trop de sollicitude de leur part. Les forces vives du catholicisme sont immenses. Si l’on compte la plénitude des pulsations, dans le cœur de l'Église, on est stupéfait du Dérneme ignorant qui peut confondre les souffrances d'un tel organisme avec l’agonie. Non, non, nous ne sommes pas aussi rares qu’on le dit ceux qui avons lhonneur d’être chrétiens selon l’acception antique de ce mot; et si jamais | une tyrannie quelconque prenait un glaive pour nous 4 demander compte de cette faiblesse, on est effrayé des crimes qu il y aurait à commettre pour nous en corriger. Mais la meilleure réponse à ceux qui nous enterrent ainsi ; vivants est dans les œuvres de la Propagation de la foi. Quand l'Église fut jadis repoussée par l’ancienne société 4 romaine, elle se tourna vers les peuplades du Nord en disant : Je passe aux barbares. Depuis, grâce à cette évolution renouvelée à propos, elle a toujours et vite réparé les | vides qui se sont faits dans ses rangs. Qw on se rappelle qu’en 1836 iln’y avait pas un seul aspirant au séminaire des Missions étrangères, et qu’il y en a aujourd’ hui cent trente; 4 qu’à cette époque il n'existait point, chez nous, de corps
Chine était deux fois murée pour les Re qu'aujourd'hui ils y baptisent des adultes par vingtaine
mille dans une année; enfin, qu’en 1822 le personnel des Missions, auprès des infidèles, ne se composait que de 27 prêtres et 350,000 néophytes, tandis qu'il s'élevait : 500 prêtres et près de 800,000 chrétiens. Ces chiffres proue vent assez qu'il n’y a nullement péril d'extinction dans 1 famille actuelle de Notre-Seigneur Jésus-Christ. '4
Aussi le catholicisme pourrait répondre à ces jérémies trompeurs on trompés, ayant l'air de croire que hors d: | ne il n’est plus de salut pour la vérité : De ue ess 2
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exposée à mourir, mais moi je revis toujours. Supposé donc Que vous acheviez de me rejeter de votre sein, Croyez-vous …
que la terre me manquera? Rendez-moi mes calices et me
ostensoirs, rendeZ-moi ma croix et mon bàton de voyage; on m'attend au Japon, au Cambodge, sur la côte de Coro 4 mandel, dans les deux Amériques ; là, j'ai des espérances | sans limite capables de me consoler de tous vos abandons, e sachez que si la gloire des empires est attachée à un mêm sol et peut finir, la mienne change de oué mais . immor 107
PER LPS D PES
Maintenant poursuivons la contre-épreuve ; que faut-il penser de la catholicité du protestantisme ? Comme il n'a point d'unité sociale, il ne saurait posséder l’extension ter-
ritoriale et numérique constituant l’essence de la catholicité
permanente et simultanée. « Le protestantisme est inorga- « nique, a dit un témoin désintéressé ; il vit encore de la « première et vigoureuse impulsion qu’il à reçue au seizième
siècle; ilvitde ses antécédents politiques, il vit de l’élément « de la nationalité ; mais cette impulsion s’épuise, les pou- «tres de la charpente se disjoignent, l'édifice craque de toutes parts; les forces auxiliaires se retirent, il y a des
« protestants, il n’y à plus de protestantisme (1). »
Dans cet état de dissolution, le protestantisme dépense toute son énergie à se tenir debout; il n’en a plus pour l'expansion et la conquête. Il sème des bibles, n'ayant plus le souffle nécessaire pour jeter la parole. Maïs la Bible, mutilée par ceux qui la distribuent, est souvent profanée par ceux qui la reçoivent; car bien insensé qui regarderait chacun de ces volumes donnés comme autant d'àmes acquises à Jésus-Christ, les lettrés voyant dans l'Ecriture ce qu’ils veulent et les illettrés n’y voyant rien de tout. « Au contraire, si l’on donnait au Pape, pour être consacré aux missions, l'argent que la Sociéte biblique dépense en livres, .
(1) Vinet, protestant