‹ Le bon vieux temps; (volume 2)Chapitre 34 sur 51 · FUT ASSASSINÉ · texte numérisé non relu

FUT ASSASSINÉ

Samedi dernier, vers lOi heures du soir, Simon Latresse, par un soldat de la presse (sic) (Press-Gang) du vaisseau de Sa

Majesté, le Blossom, commandé par George Picket, Ecuier. S. Latresse était à danser dans nne maison du Faux-bourg Saint-Jean, lorsque la Presse y entra sous les ordres du lieutenant Andrée. Un des deux soldats armés de pistolets et restés à la porte de la maison, lâcha un nommé Fournier qu'ils avaient pressé pour courir à Latresse qui s'étant échappé d'eux, par sa force et son activité, se sauvait à la course. Le soldat ne pouvant l'atteindre, lui tira un coup de pistolet; la balle lui traversa le corps et il fut porté à l'Hôtel-Dieu oii il est mort dimanche dernier, à minuit, après avoir souffert avec courage et résignation.

Cet homme, âgé de 25 ans, était Canadien,, natif de Montréal. Il avait été voyageur dans les environs de Michillimakinac depuis sept ans, jouissant d'un caractère fidèle et attaché à ses maîtres et laisse pour déplorer son malheureux sort, une mère veuve et âgée de 75 ans que seul, il soutenait des épargnes de ses gages.

Jeudi dernier, vers sept heures du matin, le vaisseau de Sa Majesté, le Blossom, commandé par George Picket, écuier, est sorti de ce port, sans avoir livré aux magistrats les coupables du meurtre de Simon Latresse quoique requis de le faire. (1)

Le Canadien du 17 juin 1809, nous donne l'origine du mot " Chouayen ". On désignait ainsi les gens du parti du gouvernement dans les élections et voici comment cela est venu. On donnait, dit le Canadien, à un quartier du faubourg Saint- Jean. . . le nom de Fort Chouayen. C'est le nom d'un ancien fort du pays. Pendant la dernière élection de la haute ville, ce nom s'étendait à tout le faubourg et on appelait " Chouayen " ou gens du fort chouayen tous les électeurs de ce faubourg qui dans cette élection étaient pour ]\L Lénéchand. La signification de ce nom s'est ensuite étendue à tous les gens du parti

(1) Le BuUctin des Recherches Tlistoriqiies, vol. III, p. 91, a reproduit ce qui précède, puis dans le volume IV, p. 22, il ajouta que " les poètes du temps dénoncèrent en termes énergiques la barbare loi de la preste des matelots" et le Bulletin cite le discours en vers que le «chansonnier Joseph Quesnel met dans la bouche de Latresse, sur son lit de mort.

du gouvernement qui étaient pour M. Dénéchaud, elle a été entretenue depuis, surtout dans la basse-ville et leur a demeuré appliquée, de sorte que, actuellement, ce sont eux qui sont particulièrement désignés par ce nom. On ne l'applique plus au faubourg Saint-Jean qu'autant qu'on les croit de ce parti et si ce qu'on dit est vrai, il n'y a plus dans ce faubourg d'autre chouayen que M. Dénéchaud (1)... M. DeBonne qui n'a jamais demeuré dans le faubourg Saînt-bean est un chouayen dans la signification actuelle, c'est le grand chouayen, c'est-à-dire le premier canadien du parti du gouvernement." (2) ,

19 janvier 1885.

(1) Claude Dénéchaud fut député de la Haute-Ville de Québec de 1808 à 1820. Principal financier canadien-français de son temps; fameux par ses accointances avec la franc-maçonnerie qu'il abandonna finalement pour revenir au catliolicisme. ÎNlort le 30 octobre 1836. Voir le Bulletin des liecherchcs Historiques, VIII, 271. (2) Au sujet du mot "chouayen " voir page 31.

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