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Le bonheur

Le bonheur est un mot qui existe dans toutes les langues et qui, chez tous les peuples, correspond à une même pensée, à un même sentiment, à un même désir.

On pourra faire disparaître du langage humain bien des mots ; on n’effacera jamais celui-là du cœur de l’homme.

On vit pour être heureux. On désire les biens et les jouissances de ce monde, dans l’espérance d’y trouver le bonheur. On ne se donne tant de peine ici-bas, que pour acquérir une plus grande somme de bonheur.

Un bien si universellement et si ardemment désiré ne peut être une chimère. Un besoin si intime du cœur humain ne peut pas ne pas répondre à une destinée.

11 y a sans doute des degrés et des mesures diverses dans la coupe du bonheur, où vient s’abreuver l’humanité ; il appartient à chacun de se contenter de son propre bonheur et de savoir employer les vrais et justes moyens de se le procurer.

2. — Tous les êtres aspirent naturellement à un bonheur qui leur est propre.

La notion du bonheur n’est pas la même pour tous Ire êtres de la création, mais aucune ne se conçoit sans la réalisation de sa fin et de sa destinée. C’est ainsi qu’improprement parlant, les êtres inintelligents et même inanimés sont heureux à leur manière. Leur bonheur consiste à atteindre le but de leur existence. Ils n’en sont pas conscients mais ils nous offrent en cela un exemple du bonheur humain, qui ne mérite ce nom que dans la mesure où il est ordonné vers la fin dernière de l’homme.

Tout dans la nature a une destinée, et lorsqu’elle est atteinte, on peut dire que l’être créé est pleinement satisfait.

Le brin d’herbe est heureux, parce qu’il est ce que le Créateur l’a fait. La fleur qui s’épanouit, le soleil qui rayonne, les astres qui brillent au firmament sont heureux, parce que telle est leur destinée.

Y a-t-il rien qui parle de gaieté comme l’oiseau qui voltige dans l’air? Et pourquoi, si ce n’est, parce qu’il est fait pour voler.

Ce qui revient à dire qu’une fois qu’un être a atteint sa fin, il n’y a plus place en lui pour autre chose ; ta nature est satisfaite, et le Créateur prend sa gloire dans la perfection relative de chaque être.

Il n’y a pas d’autre loi de bonheur pour l’homme. Désirer être heureux, c'est tendre vers sa fin ; être heureux, c’est l’atteindre. Toutes les autres conceptions du bonheur sont fausses et illusoires.

dont on est conscient.

Un bonheur ignoré n’est un bonheur que de nom, mais pas de fait. N’être pas conscient rie son bonheur, c’est ne pas l’apprécier ni en jouir. C’est , pourquoi les êtres intelligents seuls sont vraiment heureux.

Us se rendent compte de ce qui les rend heureux ou malheureux, ils établissent des comparaisons entre les divers degrés du bonheur, ils expérimentent journellement les moyens de parvenir au bonheur, ils raisonnent leur bonheur et ils en jouissent.

11 suffit d’un cœur humain pour que le bonheur existe sur cette terre. Partout où il y a une âme qui vit, il se trouve un foyer de bonheur ; et si le bonheur la déserte, ce n’est pas qu’elle ne peut le contenir, mais c’est parce qu’elle ne sait ou ne veut l’y maintenir.

Apprécier une chose, c’est s’y complaire et en jouir. Le bonheur, pour demeurer dans un cœur humain, doit garder sa beauté et sa pureté ; alors seulement il conserve ce qu’il comporte de véritable jouissance.

Comprendre son bonheur, c’est être doublement heureux. Les âmes pures et vertueuses ont une conception plus élevée du bonheur, que les âmes basses et sensuelles ; elles sont les seules vraiment heureuses, parce qu’elles savent qu’elles puisent leur bonheur dans l’unique source de tout bonheur, en Jésus

à la destinée de l’homme.

L’homme n’a pas la liberté de désirer ou de rejeter le bonheur. Il est fait pour être heureux, comme il est fait pour une destinée qu’il n’a pas choisie, mais qui tient à sa propre nature.

Il peut choisir les moyens d’être heureux, mais il ne peut se soustraire à la tendance native qui le pousse vers le bonheur. Tout consiste donc à savoir employer les vrais moyens qui conduisent au bonheur. Ces moyens sont aussi essentiels que sa destinée elle-même. Ils sont nécessairement établis à l’avance par Celui qui a créé l’homme pour le rendre heureux. C’est pourquoi celui-ci ne peut atteindre sa destinée, que s’il sait s’en servir dans les desseins du Créateur.

Qu’elle est consolante la pensée que nous sommes essentiellement faits pour le bonheur ; mais j un bonheur qui réponde à toutes les aspirations de l’âme humaine ; un bonheur qui fasse oublier les misères de cette vie et en soit la récompense ; un bonheur qui demeure et repose sur les joies et les gloires de l’immortalité.

M. E. de la Croix

Paris. — Avec permission de l’Ordinaire.

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Où est le Bonheur ?

Les ambitions humaines n’ont pas toutes le meme objet. Les uns désirent la richesse, les autres cherchent les honneurs, la multitude aspire aux plaisirs. Mais chacun espère y trouver le bonheur.

C’est afin d’être heureux que les hommes se livrent à leurs travaux, à leurs ambitions et à leurs passions. S’ils savaient ne point réussir à se procurer le bonheur, ils seraient moins actifs et entreprenants ; et c’est parce qu’ils s’illusionnent et ne veulent point profiter de l’expérience acquise, qu’ils retournent à leurs erreurs et rencontrent toujours de nouvelles déceptions.

La vie de l’homme se passe à chercher le bonheur. On peut se priver de bien des choses, et même ne rien posséder, mais on n’accepte pas de renoncer au bonheur.

Oh ! comme il est important de trouver le vrai bonheur, le bonheur qui ne soit pas une illusion mais qui satisfasse pleinement le cœur humain !

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