‹ Le bonheurChapitre 14 sur 24 · Un bonheur qui purifie · texte numérisé non relu

Un bonheur qui purifie

Il y a du bonheur à payer ses dettes et à rendre ce que l’on a injustement dérobé. Les âmes nobles se font un point d’honneur de s’acquitter de ce devoir de justice et de restitution.

Qui donc n’a point contracté des dettes envers la justice divine? Qui donc n’a pas ravi à Dieu, par ses péchés, la gloire qu’il avait droit d’attendre de notre obéissance à ses lois et aux inspirations de sa grâce ?

La vertu seule peut satisfaire aux droits violés et rétablir l’ordre rompu par nos infidélités. La pratique du devoir, la correspondance à la grâce, le support des adversités, la générosité dans la lutte quotidienne contre le monde, la nature et le démon, la volonté soutenue de réparer tout le mal que l’on a fait et de se montrer fidèle en tout : voilà la réparation que Jésus attend de nous et qui nous réserve des joies infiniment supérieures aux trompeuses jouissances goûtées aux jours d’infidélité.

La seule pensée qu’en pratiquant la vertu nous procurons à Jésus une joie que nous Lui avions refusée par nos péchés, nous est à nous-mêmes la plus pure des consolations. Habituons-nous, pour Jésus et pour notre âme, à ne rien faire que par des motifs surnaturels, et en vue de rendre à Jésus ce que nous Lui avons antérieurement ravi.

Plus nous réparerons, plus nous serons heureux et plus ce bonheur nous purifiera. Il n’y en a pas d’autre pour les pécheurs. C’est le nôtre : expérimentons-Je,

Un bonheur qui sanctifie.

La sanctification est le fruit de la vertu acquise chaque jour, dans la pratique des moindres devoirs, dans la fidélité aux grâces du moment, dans la pureté d’intention en tout ce qui constitue la trame de nos occupations quotidiennes.

Il n’y a pas de bonheur comparable à celui-là. Plus on s’y attache et plus on se sanctifie. Plus on se sanctifie, et plus on accroît son bonheur.

Chaque devoir accompli ajoute à la vertu ; et tout pénible qu’il puisse être parfois, on l’aime parce qu’on y trouve un moyen efficace de sanctification.

Chaque vertu pratiquée augmente notre habitude de les pratiquer toutes ; et c’est ainsi que s’opère le travail de la sanctification, qui conduit au plus grand bonheur que l'on puisse goûter sur la terre.

Chaque sacrifice fait généreusement, chaque épreuve supportée chrétiennement, chaque effort de vertu dans l’accomplissement du devoir, chaque sujet d’édification donné au prochain, chaque correspondance aux inspirations de la grâce : tout devient pour l’âme l’occasion d’un mérite spécial et, par là même, d’une sanctification plus grande et d’une joie plus profonde.

Etre saint et être heureux, c’est tout un. 11 n’y a de véritables heureux que ceux qui aiment Jésus, qui marchent à sa suite, et qui n’ambitionnent qu’un seul bonheur : celui de Lui ressembler, de ne vivre que pour Lui, ei d’accomplir j en tout ses saintes et adorables volontés

Page 1