SCÈNE II
JADIS, OCTAVE, à sa fenêtio.
JADIS rentre chez luiel ferme sa porte.
Elle est charmante, cette petite; laborieuse et -aie- Moitié. abeille, moitié cigale. Tous les jours, du matin au soir, je l'entends chanter en travaillant. C'est encore tout jeune, dix-sept ou dix-huit ans tout au plus. (Avec un soupir.) Ah! diy-huit ans, je les ai eus. Je les ai eus même plusieurs fois, depuis l'an 80 ; et c'est pour cela que, pas plus tard que dans... (il tire sa montre.) d^ns deux heures et dix minutes je vais entrer dans mon soixantième calendrier. (Regardant sa montre.) Pauvre vieille montre, tu m'as sonné de bien belles heures dans le temps de l'autrefois! Si je pouvais te retarder d'une quarantaine d années!... (11 va prendre un pot de fleurs déposé sur une table, s'approche de la cheminée, où est une glace devant laquelle il se pose.) Ah ! bath! j'ai encore le jarret solide, la tête haute, et ce n'est pas un an de plus qui m'effraie. (Regardant dans la glace.) N'est-ce pas, mon vieux?... Tiens, je ne t'ai pas oublié, voilà un bouquet que je t'ai acheté pour fêter le jour de ta naissance; je le le souhaite heureux et accompagné de beaucoup d'autres. (A*ee un soupir.) Ah! mon pauvre vieux, tu n'as plus que moi pour penser à toi. (Il remonte le théâtre en tenant le pot de (leurs entre ses Lras.) Ça n'est pas gai de vivre seul, surtout quanti on vivait si bien à deux! ( Regardant le portrait.) N'est-ce pas, ma mie Jacqueline? (I! se dirige vers la croisée et y dépose les fleurs.) Depuis que mon voisin l'étudiant est parti, je m'ennuie. (Regardant;» 'a fenêtre d'Octave.) J'en ai bien un autre, voisin... mais il n'est pas d'un commerce réjouissant, celui-là. On dirait d'une momie. (Il taille les fleure de sa fenêtre.) Depuis ce matin, comme tous les jours, il est là, à sa croisée, le nez sur son papier et ne levant pas seulement les yeux. (On entend l'orchestre de la guinguette.) Tiens! on dansMà bas... C'est étonnant, je ne peux pas entendre les violons &ans sentir des fourmis dans mes jambes. (hngB&e Octave.) Il parait que mon voisin ne me ressemble pas... Ça ne
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lui fait rien. Eh! eh! jeune homme! [Octave ne lève pas la tête.)
Venez s'il répondra! (Criant plus haut.) Eh! eh! jeune homme, eh! eh '■ (Octave lève les yenx.) Est-ce que vous n'avez pas bientôt Uni de griffonner?... Vous allés vous abîmer les yeux, et vous ne pourrez plus voir les jolies filles... (A part.) Voilà un voisin qui m'intrigue beaucoup... Eh! dites donc, voisin... OCTAVE, se levant.
Monsieur?...
JADIS
Si ça ne vous dérange pas, montez donc un instant chez moi. J'ai un service à vous demander.
OCTAVE, saluant.
Volontiers, monsieur ! | Il roule ses papiers sous son Lias et disparaît.)