ÉLIE BERTHET
Parmi les romaaciers les plus estimés de notre époque, M. Elle Berthet i su conquérir une place à part. Ses ouvrages, pleins de naturel, de vérité, de bon sqs, paraissent être plutôt des histoires que des romans. Il ne donne pas dans le iravrs de certains autres écrivains 3q vogue, qui, à force de complications, d'événemets bizarres et impossibles, arrivent à produire des œuvres aussi obscures, aussi pu intelligibles que déraisonnables. Sa manière est celle du grand romancier anglig Walter Scott, auquel on l'a comparé plusieurs fois; et, comme Walter Scott, tos ses ouvrages sont frappés au coin d'une moralité rigoureuse. Sans écarter les pa. sions violentes, les fautes, les crimes qni existent dans la société humaine, et qt sont un des éléments de l'intérêt dramatique, il ne manque jamais de les blâme et de les flétrir. Aussi l'appelle-t-on le romancier des familles, et, en effet, tout h monde peut lire ses ouvrages, sans crainte de se souiller l'imagination, d'altérer son sens moral ou de s'endurcir le cœur.
Ces qualités de M. Elie Berthet sont surtout apparentes dans le beau rcman les Émigrants, que nous publions aujourd'hui. L'histoire est si simple, si vraie, si touchante, qu'elle semble réelle, et l'on croirait que le romancier a reçu les confidences de quelqu'unes de ces pauvres familles qui abandonnent leur sol natal pour aller chercher au loin une vie plus douce et plus prospère. Les causes ordinaires de l'émigration, les fatigues et les dangers auxquels s'exposent les émigrants, leurs illusions naïves, leurs mécomptes, et souvent les catastrophes auxquelles ils succombent, sont exposés avec une grande puissance et avec le plus vif intérêt. Aussi ne doutons-nous pas que le nouvel ouvrage de l'auteur des Catacombes de Paris, des Chauffeurs, du Garde-Chasse et de tant d'autres romans qui ont mérité la faveur du public, n'obtienne en librairie un immense succès.