Trisl,, 1. V
2. Id., ibid., 1. m, 9. D'après les meilleurs commentateurs d'Ovide, ce poète célèbre naquit quarante-trois années avant Jésus-Christ, et fut exilé à Tomis lorsqu'il avait déjà environ cinquante ans, ce qui par conséquent correspond à la septième année de l'ère chrétienne; son exil dura dix années, et il mourut à Tomes à l'âge de soixante ans. Ainsi les phénomènes de congélation dont il parle dans ses Élégies et ses Pontiques doivent se rapporter à l'espace de temps compris entre les années 7 et 17 de l'ère chrétienne. Quant à la position de la ville de Tomi ou TomcCj qu'Ovide place à l'embouchure môme du Danube, les géographes ne sont pas tout à fait d'accord; car sur la carte de d'Anviye, Tomi se trouve au sud de l'embouchure de ce fleuve, à peu près dans les parages de Kalarach d'aujourd'hui, où, au reste, plusieurs écrivains croient que débouchait anciennement le Danube. Pomponius Mêla, 1. II, 2, place Tomse près d'istéropolis et de Kallatis; or, le nom
Ovide aurait insisté sur ce nombre de troisy puisque dans plusieurs de ses pièces, qui toutes datent de son exil, et particulièrement dans les Pontiques^^ il dit que le Pont-Euxin gelait chaque hiver.
Évidemment il ne signale les trois congélations que pour distinguer les années pendant lesquelles ce phénomène eut un développement insolite. Dans tous les cas, rétendue qu'il donne à la nappe de glace qu'il pouvait embrasser de ses yeux est considérable , car il l'évalue à plusieurs /wjrera'ou hectares 2.
Au reste, un contemporain d'Ovide, l'immortel auteur de VEnéide, nous parle du froid qui régnait sur cette partie du littoral de la mer Noire, exactement dans les mêmes termes que le chantre des iVétamorphases, sans avoir les mômes motifs que ce dernier pour charger ses couleurs ; Virgile paraît d'ailleurs avoir puisé ses renseignements auprès de témoins oculaires, car il faut pour ainsi dire avoir vu le Danube
de la première de ces villes prouve qu'elle était sur le fleuve Ister, tandis que celui de la seconde rappelle le nom de Kilia, village situé sur Tune des quatre embouchures du Danube. Dans tous les cas, il suffit que Tomae fût dans la proximité plus ou moins grande des bouclies de ce fleuve, quel que fût l'endroit où ce dernier se jetait alors dans le Pont- Euxin, pour que Tassertion d'Ovide, relativement à la congélation de cette embouchure, conduise à la mAme conclusion, savoir : que si aigourd'hui elle ne gèle point, et que ce phénomène n'a été signalé que lorsqu'on pouvait supposer qu'il embrassait une partie du Pont- Euxin, comme en 762, il s'ensuit que le froid qui, du temps d'Ovide, produisit cet eff*et, a dû être d'une intensité tout à fait extraordinaire, et capable de congeler la mer Noire, du moins partiellement.
t. L. IV, 10.