‹ Le Bosphore et Constantinople avec perspectives des pays limitrophesChapitre 106 sur 179 · Pont., 1. IV · texte numérisé non relu

Pont., 1. IV

rouler ses ondes limoneuses, pour le peindre d*trti seul trait dans cet admirable vers :

Turbidus et torquens flaventes Hister arenas *.

Comme 0^^de , Virgile trace un tableau affreux des froids intenses do la Bulgarie et de la Valachie ; il nous représente la terre cachée sous une couche de neige de plus de quatre mètres d'épaisseur^. « L'hiver, dit-il, paraît être éternel dans ces pays; rarement les cours d'eau cessent d'y être revêtus d'une glace solide que sillonnent les chariots des Barbares; l'intensité du froid y fait éclater le fer, gèle l'habit sur le corps, et convertit le vin en un morceau de glace que la hache seule peut briser. Les troupeaux expirent engourdis, et l'on voit des essaims de cerfs élever, comme une forêt, leurs cornes rameuses au-dessus des neiges où ils sont ensevelis; les Scythes ne tardent pas à accourir pour s'emparer de ces animaux captifs, et reviennent chargés d'un énorme butin. Malgré les rigueurs de ce climat glacial, les hommes vivent contents et joyeux dans leurs antres profonds, où, pour se chauffer, ils allument des troncs entiers d'ormes et de chênes. »

Depuis Ovide jusqu'à Ammien Marceliin (iv* siècle après Jésus-Christ), aucun écrivain ne parle de la congélation de la mer Noire, bien que celle des fleuves qui y débouchent soit plus d'une fois signalée, et entre

Page 1