Scbiinrrer, Chronik der Semken, vol. II, p
à une époque de froids excessifs dans le reste de l'Europe; car à Hambourg, depuis le 21 jusqu'au 26 février, le thermomètre centigrade se maintint à — 30* ; à Berlin, depuis le 2/i. jusqu'au 26 janvier, à — 23% 7, en descendant une fois à — 35**; à Bucharest, la température oscilla longtemps entre — 23° 7 et — 25°; dans rUpland septentrional (Suède), elle atteignit — 37° 5, et même — 50% tandis qu'à Saint-Pétersbourg elle ne dépassa point — 11,2. L'Espagne et le Portugal furent encombrés de neige *.
Seize années après la congélation du port de Constantinople, en 1823, un phénomène semblable se produisit de nouveau; le 6 février 1849, on vit se convertir en une plaine de glace toute la partie de la Corne d'Or qui donne sur l'arsenal et plus avant du côté des eaux douce d'Europe , sur la fabrique impériale de Fez-Khané de la caserne de Cumbar-Khané 2.
Enfin, le dernier et le plus récent exemple de phénomène de congélation constaté dans le Bosphore nous a été fourni par Tannée 1862, pendant laquelle, le 9 et le 10 janvier, la Corne-d'Or fut prise entre les ponts, ainsi que l'a signalé M. Ritter. L'hiver de 1862, si rigoureux à Constantinople, eut encore cela de trèsremarquable qu'il offrit une fois de plus l'exemple d'un grand abaissement de température dans le bassin de la mer Noire, aussi bien que dans la région située immédiatement au nord de ce dernier, sans que l'ouest de
i. Schnurrer, Chronik der Seuchen, vol. II, p. 611 2. Journal de Constantinople, du iU février 18û9.
l'Europe en eût ressenti l'effet réfrigérant. Ainsi , le 9 décembre 1862, à Moscou, le thermomètre marqua trente degrés au-dessous du zéro, tandis que, non-seulement en France et en Angleterre, mais même à Vienne, si limitrophe de ce centre de refroissemenl, la saison hivernale, proprement dite, passa presque inaperçue.
Après avoir embrassé d'un coup d'œil rapide les renseignements historiques que nous possédons sur les phénomènes de congélation dans la mer Noire, et les avoir comparés avec l'état météorologique que les autres parties de TEurope présentèrent à ces époques, il ne me resterait maintenant qu'à résumer tous ces faits épars, et h en déduire les conséquences; mais, afin de compléter les premiers de ces faits, j'ajouterai, avant de passer aux données générales relatives au bassin de la mer Noire considéré dans son ensemble, quelques observations spéciales qui se rapportent aux diverses régions de ce vaste bassin, ainsi qu'aux fleuves qui y débouchent. Ces détails ne peuvent que multiplier et consolider les éléments qui doivent servir de base à mes conclusions. Je ne choisirai, entre les nombreux bassins de la mer Noire, que le golfe d'Azow, et, parmi les cours d'eau tribu-
taires du Poïit-Euxin, que le Danube, parce que Tun Tun et l'autre ont déjà été, au point de vue qui nous intéresse, l'objet de quelques curieuses observations, tandis que les autres parties de cette mer et les cours d'eau qu'elle reçoit ne peuvent fournir que des matériaux plus insuffisants et plus défectueux.
Malgré l'échelle vraiment gigantesque sur laquelle les observations météorologiques se font dans l'empire de Russie, malgré les talents et l'infatigable activité .de M. Kupfer, dont elles reçoivent l'impulsion, nous ne possédons pas encore de données bien précises sur les phénomènes de congélation dans la mer d'Azow. Le savant distingué, dont les importants services sont si légitimement appréciés dans toute l'Europe, a bien voulu, à ma demande, me communiquer sur ce sujet les renseignements que je réunis dans la Table, en faisant toutefois observer qu'ils ne peuvent fournir sur les phénomènes de congélation de la mer d'Azow que des aperçus approximatifs. Ces phénomènes, en effet, sont loin de toujours correspondre rigoureusement à l'ouverture et à la clôture de la navigation dans cette mer, tandis que les renseignements dont il s'agit ne sont basés que sur ces derniers faits, et que, par conséquent, ils ne nous précisent nullement la durée de la congélation ni les époques auxquelles elle commence et se termine*.
1. Je m'empresse de faire observer que ces données me furent communiquées en 1855 et que, par conséquent, M. Kupfer doit posséder aujourd'hui sur ce sujet des documents beaucoup plus nombreux et plus satisfaisants.
TABLE I. — Epoques auxquelles la mer b*Azow se trouve congelke
ou LIRRE.
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