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mer Noire , c'est un phénomène qui avait déjà frappé les anciens*. Cette particularité est en grande partie due à l'énorme volume d'eau douce qu'y déversent les fleuves. D'après le calcul de l'amiral Smyth^, le Pont- Euxin à lui seul absorbe un volume d'eau douce équivalant au tiers de celui que fournissent ensemble tous les cours d'eau de l'Europe. Or, il résulte des travaux de plusieurs physiciens, et entre autres de ceux de M. Ure, que la quantité plus ou moins considérable de chlorure de sodium contenue dans l'eau de mer détermine d'énormes différences dans les températures qui pourraient amener la congélation de cette eau ^.
1. Voyez dans mon Asie Mineure, i^ partie, Géogr. phys. comp.^ p. dl-3/i, les analyses chimiques de Teau de la mer Noire, ainsi que les considérations sur les opinions diverses que les auteurs anciens avaient émises à cet égard. Parmi les assertions de ces derniers, il en est une qui m'avait toujours paru exagérée avant que j'eusse eu Toccasion de la vérifier sur les lieux mômes. Il s'agit d'un passage d'Arrien (Epistola ad Adrianum, ap. Hudson, vol. I, p. 8) où, pour donner une idée de l'absence presque complète de toute salure dans l'eau du Pont- Euxin, cet écrivain cite l'habitude qu'auraient les habitants du littoral septentrional d'y abreuver leurs troupeaux. Or, lorsque je longeais la côte comprise entre le Samsoun et llniah, j'ai pu m'assurer que mes chevaux n'éprouvaient pas la moindre répugnance à boire l'eau de la mer, môme dans les endroits où aucun ruisseau ne venait y déboucher. Au reste, plusieurs lacs saumâtres de l'Asie Mineure, comme de la Thrace, et entre autres le lac de Derkos, servent à l'usage des animaux, bien que leur eau soit considérée comme non potable pour l'homme.