‹ Le Bosphore et Constantinople avec perspectives des pays limitrophesChapitre 28 sur 179 · De Reb. turc, 1. m, p. 159; édition de Bonn · texte numérisé non relu

De Reb. turc, 1. m, p. 159; édition de Bonn

fonctionnaires publics, et présentent quelquefois plus de gages de fldélité et d'activité que ces derniers. Aussi arrive-t-il que dans la saison d'été , où toute la population mâle est dans les champs souvent très-éloignés des villages, les habitations ne se trouvent occupées du matin au soir que par les femmes et les chiens chargés du soin de veiller à la sécurité du sexe et aux exigences de la jalousie orientale. On doit reconnaître que, sous ce rapport, les maris musulmans ont dans leurs chiens des serviteurs bien plus efficaces et bien plus incorruptibles que tous les Argus employés par les maris européens. Voilà pourquoi rien n'est plus désolant pour l'étranger que l'approche d'un de ces villages placés momentanément sous ce singulier dictatoriat : il peut être sûr d'avance de se voir refuser, avec des manifestations toujours bruyantes et souvent dangereuses, l'hospitalité dont il pourrait avoir besoin.

On dirait que pour rendre la race canine plus propre aux services multipliés qu'on lui demande en Orient, la Providence a voulu l'exempter de la plus terrible des maladies, la rage. En effet, c'est une particularité bien digne de remarque que presque partout dans ces contrées, y compris Constantinople et une partie de la Roumélie , la race canine parait être très-

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peu sujette à Vhydrophobie^ affection qui aurait dans ces pays des conséquences bien autrement graves qu'en Europe, à cause de l'état à peu près sauvage dans lequel les chiens y vivent, et de la multiplication illimitée qu'ils y acquièrent. L'absence de Thydrophobie est d'autant plus inexplicable en Orient, que les étés y sont plus ardents et les eaux plus abondamment croupissantes; et pourtant, malgré ces causes apparentes, tous les voyageurs ont constaté que la rage y était d'une extrême rareté. Je puis affirmer que pendant mon séjour à Constantinople et mes nombreuses excursions dans toutes les parties de l'Asie Mineure, ainsi que dans plusieurs régions de la Syrie et de FÉgypte, je n'ai jamais été témoin d'un seul cas bien prouvé d'hydrophobie. Il est vrai que plus d'une fois j'y ai entendu parler de chiens enragés; mais l'examen attentif des symptômes et surtout des conséquences des morsures me fournissait généralement les preuves du contraire. Le capitaine Ad. Slade^ (depuis amiral turc sous le nom de Muchaver-Pacha) énonce une opinion semblable relativement à la Roumélie, et rapporte le fait suivant bien propre à démontrer la facilité avec laquelle , en Turquie , on croit souvent un chien enragé, uniquement parce qu'il aura mordu quelques hommes ou animaux. Lorsque M. Slade se trouvait à Rodosto , un chien furieux blessa successivement une vieille femme turque , un marchand allemand nommé Snell , deux vaches et un âne , ce qui donna lieu immé-

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