‹ Le Bosphore et Constantinople avec perspectives des pays limitrophesChapitre 59 sur 179 · IV · texte numérisé non relu

IV

2. Voyez l'excellent ouvrage de M. Rosenmuller, sur Thistoire naturelle de la Bible (Biblische Naturgeschichle, vol. I, p. 36). Ce savant pense que TÉgyte est le pays où Tusage du cheval remonte à la date la plus ancienne, et que c'est d'Egypte, et surtout de Perse, que les Hébreux et les Arabes tirèrent jadis leurs chevaux, ainsi que l'annonceraient les termes Sus et Farach par lesquels ces deux peuples désignaient le cheval , termes qui sans doute se rapportent aux noms de Susa et Fars, En ce qui concerne l'Egypte, l'usage très-ancien des chevaux, du moins pour le service de la guerre, se trouve parfaitement constaté par la représentation fréquente de cet animal sur les monuments de Thèbes qui remontent à plus de 3000 ans, et quoique ces derniers ne rappellent qu'une race qui n'a rien de commun avec le beau type arabe, et se rattachent plutôt à la race thessalienne, il est trèspossible que l'Egypte ait été, dès les temps les plus reculés, une pépinière de chevaux , sinon pour la qualité , du moins pour la quantité. Il n'en est point de même de la Perse, puisque, comme nous le verrons,

l'ère chrétienne) non -seulement parle de la cavalerie des Israélites, mais encore mentionne le cheval comme servant à ceux-ci pour l'agriculture. Les Paralipomènes (1, c. i, v. 14) font remonter l'usage de la cavalerie chez les Hébreux à une époque encore plus reculée, puisqu'ils nous apprennent que le roi Salomon (environ 1010 avant Jésus-Christ) entretenait douze mille cavaliers. Au reste, il n'est pas probable que les Hébreux aient beaucoup connu le cheval à l'époque des patriarches, car dans l'énumération que fait Moïse des richesses d'Abraham, on voit figurer presque tous les animaux domestiques , à l'exception de ce précieux quadrupède*; d'ailleurs la loi de Moïse était assez peu favorable à l'élevage de la race chevaline.

Homère signale déjà en Asie Mineure, ainsi que dans le pays limitrophe de la Thrace, plusieurs endroits remarquables par leurs chevaux : ainsi il parle * des

la province de Fars ne possédait pas de chevaux avant Gyrus ; en sorte que si sous les successeurs de ce prince, qui introduisit en Perse la race chevaline de la Médie, celle-ci se développa au point de pouvoir satisfaire aux besoins des Hébreux et des Arabes, cela n'a pu probablement avoir lieu que bien postérieurement au règne du fils de Gambyse. Mais ici encore, comme en Egypte, ce n'est point par la qtuilUé mais plutôt par la quantité que les chevaux persans seront devenus célèbres et auront mérité Thonneur d'être connus chez les Hébreux sous les noms de Sus et Farach, car la belle race persane , dont on exagère au reste a valeur, ne paraît s'être développée que plusieurs siècles après l'ère chrétienne ; il en est de même de la race arabe , comme j'essayerai de le prouver dans le cours de ce travail.

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