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célèbre capitaine -historien, qui lui-même accompagnait Agésilas, nous apprend que les Ljicédémoniens eurent beaucoup à souffrir de la nombreuse cavalerie persane qui paralysait tous leurs mouvements, surtout dans les plaines de la Phrygie *. Agésilas fit alors exactement ce qu'avaient fait ses adversaires lorsque, sous Cyrus, ils étaient arrivés en Asie Mineure : il créa une cavalerie qu'il fit manœuvrer dans la plaine d'Éphèse, aujourd'hui bien peu propre à ce genre d'exercice, à cause des marais qui l'envahissent.
Malgré le grand développement que, grâce aux contingents fournis particulièrement par l'Asie Mineure et la Médie, la cavalerie persane avait acquis sous la main puissante de Cyrus, il parait que son organisation ne prit que très- lentement en Perse un caractère national , et reposa pendant bien longtemps sur des éléments étrangers. Ainsi lorsque, seize années seulement après la mort de Cyrus , Darius ^ entreprit sa fameuse
1. Xénophon {de Re equestri) observe que les Lacédémoniens péchèrent toujours par le manque de chevaux , et que les Athéniens euxmêmes n'avaient commencé à avoir une cavalerie dans leur armée que depuis un siècle, par conséquent à pou près à l'époque de Cyrus. En revanche, il signale la cavalerie thessalionne comme remontant à une date très-reculée.
2. Cyrus mourut en 529, et l'expédition dont il s'agit eut lieu en 513 avant l'ère chrétienne. Les anciens ne nous ont point laissé d'itinéraires bien précis de cett^î campagne : le peu que nous en savons pourrait faire croire que Darius , après avoir franchi l'Hellespont , se dirigea à travers la Roumélie et la Bulgarie vers le Danube, (^u'il franchit peut-être dans les parages où se trouve aujourd'hui la ville de Silistrie, pour se diriger vers le pays des Gètes, compris entre le Dniester et le Pruth. Au reste, il est très-difficile de décider si effectivement il poussa au delà de la Bessarabie vers le Dnieper, et môme il n'est pas prouvé
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et Stérile expédition contre les Scythes, son immense armée, qui ne comptait pas moins de 700,000 hommes, était principalement composée d'infanterie, comme le dit Hérodote (1. iv, 136). Celle-ci soutint victorieusement la charge des cavaliers scythes qui, au contraire, culbutèrent la cavalerie persane et la forcèrent de se réfugier au milieu de l'infanterie {ibid.^ c. 128). Ce rôle secondaire de la cavalerie de Darius ferait
qu'il ait traversé le Danube et pénétré dans les principautés. Cependant, lorsque Hérodote parle de nombreux cavaliers scythes, il n'entend probablement pas désigner les habitants de la Moldavie et de la Valachie, car il dit positivement (1. v, 9) qu'au delà du Danube {hier) il existe un peuple nommé Sigyn dont les chevaux sont velus, petits, à museau aplati, et tout à fait impropres à la monture, mais excellents comme bêtes de trait. Or, ce n'est que beaucoup plus au Nord, vers les sources de VHypanis (Boug d'aujourd'hui), qu'Hérodote signale (l. iv, p. 52) une belle race chevaline. Malheureusement il n'est pas aisé d'identifier les indications de l'historien grec avec la topographie actuelle du pays, car Hérodote observe que des chevaux blancs sauvages paissent autour du lac d'où sort VHypanis, tandis ({u'actuellement il n'y a point de lac un peu considérable dans les parages des sources du Boug. Celui qui en est le plus rapproché se trouve à plus de quarante lieues au sud-ouest de ces sources; c'est le lac situé près de la ville de Stanislavof en Galicie , et qui se réunit par un petit cours d'eau avec le Dniester. Quoi qu'il en soit , il faudrait placer dans le gouvernement russe de la Podolie et dans la Galicie autrichienne les Scythes dont Hérodote signale les chevaux blancs.
Quant aux Germains qui habitaient la contrée à l'ouest des Scythes, les anciens, en parlant de leur organisation militaire, ne disent rien qui puisse faire supposer que l'usage de la cavalerie ait été répandu parmi eux, tandis que des assertions de plusieurs Byzantins du vi* siècle on pourrait presque induire le contraire : ainsi Procope (de BeL Golh., édition Bonn, t. II, p. 539) dit que de son temps la cavalerie était complètement inconnue aux Vanii qu'il dépeint comme le peuple le plus belliqueux et le plus puissant parmi les barbares, et qui, selon lui, occupaient tout l'espace entre la mer du Nord et l'Ister. Or, il est pro-
supposer l'absence des contingents étrangers. Ce fut à eux au contraire que l'armée de Xerxès, successeur de ce monarque , dut sans doute la plus grande partie de sa force. Lorsque, trente-deux années après Texpéditionde Darius contre les Scythes, il fit sa célèbre et malencontreuse campagne contre la Grèce, l'armée persane, la plus nombreuse de toutes celles dont l'histoire conserve le souvenir^, comptait 80,000 cavaliers,
bable qu'il s'agit du même peuple que Tacite {Gerfnaniaj UO) et Pline {Hist, nal., 1. iv, U) mentionnent sous le nom de Variiii, Ptolémée sous celui de Pharodini, et qu'ils considèrent comme étant de race vandale ou suève. Ces écrivains les placent sur le littoral de la mer du Nord, dans le voisinage des duchés de Mecklembourg ou de Holstein d'aujourd'hui. Procope (loc. cU., p. 550) fait une observation semblable relativement aux Brit tiens j quoiqu'il soit difficile de savoir ce qu'il entend par l'Ile de BriUia qu'habitaient selon lui les Angli, les Frisons et les Brittiens, et qu'il place vis-à-vis de l'embouchure du Rhin entre l'Angleterre et l'île Thtdé; il dépeint l'île Briuia comme étant deux fois aussi grande que l'Angleterre. Au reste, les Iles Britanniques paraissent avoir été à l'état de mythe pour la majorité des Byzantins du vi« siècle, et, même au xu« siècle, Michel Glycas (Annal., pars ii, édition Bonn, p. 271 ) en parle comme d'un pays tout aussi mystérieux que l'Inde ; il débite à leur sujet les fables les plus absurdes et les plus puériles. Si les peuples germanique s* du moyen âge ne paraissent pas s'être beaucoup adonnés à l'élevage de la race chevaline, il n'en était pas de même des tribus qui, à cette époque , firent leur apparition en venant plus ou moins directement de l'Asie. Ainsi Zosime (//i«^, 1. iv, 20) dit que les Huns, apparus pour la première fois en Europe, à la fin du m* siècle, n'avaient point de fantassins, parce qu'ils ne pouvaient presque pas faire usage de leurs pieds, étant habitués dès l'enfance à ne jamais quitter la selle, même pour dormir ou pour manger. Cette identification des Huns avec leurs chevaux doit faire supposer que ce peuple qui se rua sur l'Europe en hordes nombreuses n'était composé que de cavaliers.
1. Hérodote (1. vu, 60) en établit le chiffre à 1,700,000 individus non compris les marins.
chiffre, il est vrai, peu considérable relativement au reste des troupes*. Dans Ténumération des peuples divers qui composaient cette armée, Hérodote mentionne à peine ceux de l'Asie Mineure; en revanche, il signale les Arabes montés sur des dromadaires, ce qui prouve qu'à cette époque (environ cinq siècles avant l'ère chrétienne) les Arabes n'étaient encore qu'un peuple pasteur peu adonné à l'élevage de la race chevaline. Pendant le temps qui s'écoula depuis la conquête de l'Asie Mineure par Alexandre le Grand jusqu'à l'époque où cette contrée fut convertie en province romaine, nous trouvons plus d'un exemple qui prouve qu'elle ne déchut point de sa réputation séculaire et qu'elle continua à dé{)loyer des masses de cavalerie dignes d'être remarquées.
Quand, deux siècles environ avant notre ère, l'immense armée du roi Antiochus vint se mesurer avec la puissance romaine, dans les champs de Magnésie, la cavalerie de ce prince se composait non-seulement de Mèdes et d'autres peuples du continent asiatique, mais encore en grande partie de Cappadocieus , de Lydiens , de Phrygiens et des Galatiens (Tite-Live nomme ces derniers Gallo-Gra?ci ) qui formaient un corps de cuirassiers « équités loricati 2. » A côté de tous ces peu-
1. Cornélius Nepos (Themisi., 2) porte le chiffre de la cavalerie de
Xerxès à iiOO,000; mais Hérodote, qui était presque contemporain de cette expédition, a incomparablement plus d'autorité que récrlvain romain , dont l'existence est de près de cinq siècles postérieure à cet événement.
2. Tite-Live, Uist,, 1. liv, 139-140. La description très-iutéressante que fait l'historien romain de la bataille de Magnésie prouve qu'à
pies figuraient aussi les Arabes, montés sur des dromadaires, ce qui prouve que deux siècles même encore avant l'ère chrétienne ces nomades ne faisaient point usage de chevaux à la guerre.
Une autre considération, puisée dans l'étude des monuments grecs et romains, confirme l'idée que dans l'antiquité, jusque bien après le commencement de notre ère, les superbes races de l'Arabie et de la Perse n'existaient pas encore. S'il en eût été autrement, les éminents artistes auxquels nous devons plusieurs sta-
cette époque Tusage des éléphants à la guerre était déjà établi parmi les Romains : car il signale dans les rangs de Tarmée romaine seize éléphants, tout en observant qu'ils étaient tirés d'Afrique et par conséquent incapables de se mesurer avec les éléphants indiens de l'armée d^Antiochus. Mais ce qui démontre que l'usage de ce gigantesque pachyderme était devenu une partie de l'organisation normale de l'armée romaine, c'est que nous le voyons également figurer dans l'expédition de Marcellus (Tite-Live, 1. xxxviii, 20) contre les Galates. Or, il n'est guère probable que ce dernier peuple s'en fût servi , et que par conséquent la présence de ces animaux dans l'armée romaine eût pu être motivée par la nécessité de combattre les adversaires à armes égales, comme c'était notamment le cas à l'égard d'Antiochus. Au reste, Tacite (Annal., xv) signale positivement l'éléphant comme animal de guerre chez les Romains. Il n'en est que plus étonnant que la magnifique collection du Vatican, où se trouvent réunies les images sculptées de presque tous les animaux les plus répandus chez les maîtres du monde, ne renferme aucune sculpture antique de l'éléphant.
tues équestres et des coursiers figurés en marbre ou en bronze n'auraient pas manqué de choisir pour modèles les représentants de ces races célèbres. Or, les splendides bas -reliefs du Parthénon à Athènes, aussi bien que les nombreuses statues équestres antiques que Ton admire dans les musées et sur les places publiques de Rome, ne représentent, plus ou moins fidèlement, que le type de nos chevaux d'Europe tel qu'il existait dans sa pureté primitive avant le croisement avec les races arabe ou persane. Quand on considère, par exemple, la fameuse statue équestre de Marc-Aurèle, qui se dresse sur la place du Capitole, on ne peut s'empêcher d'admettre que non -seulement le cavalier a été fait d'après nature, mais encore le coursier lui-même. Évidemment c'était celui que montait habituellement l'empereur, et il est la reproduction parfaite d'un de ces vigoureux chevaux de la Romagne dont on voit encore de nombreux échantillons dans le pays. Certainement, si la race arabe avait été connue de son temps , Marc-Aurèle n'aurait pas dédaigné de s'en servir, et le coursier de cette race, à tête sèche et aux jambes effilées, eût été aussi fidèlement modelé par le grand artiste que l'a été le lourd et massif quadrupède qu'il avait sous les yeux *. A des degrés divers , les
1. Dans un excellent travail sur le cheval de guerre inséré dans le Bulletin de la Société d'acclimatation, t. II, année 1855, p. /i61), M. le général Daumas observe que les Romains appréciaient beaucoup les chevaux numides, ce qui, en effet, résulte de plusieurs passages des auteurs anciens; mais cela provenait seulement de ce que dans cette partie de l'Afrique Télevage de la race chevaline remontait plus haut qu'en Arabie, et que le cheval barbe y était connu à une époque où
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mêmes observations sont applicables à tous les monuments équestres que Ton voit encore à Rome*.
l'Arabie et la Perse ne possédaient pas encore les célèbres races dont elles sont si fières aujourd'hui. Il est vrai que Ton admet généralement que le cheval barbe est le produit du croisement de la race africaine avec la race de l'Arabie , opinion qui est loin d'être prouvée aux yeux du zoologiste. Aussi lorsqu'au moyen âge le croisement des races indigènes de l'Europe commença à devenir l'objet de soins tout particuliers, ce fut aux chevaux barbes que l'on eut recours et non aux arabes de pur sang, fait que M. Dureau de La Malle a tout particulièrement démontré à l'égard de l'Angleterre, dont la célèbre race chevaline tire son origine des étalons barbes importés dans ce royaume sous Charles IL D'ailleurs, lorsqu'on examine les médailles de Carthage et de Mauritanie, déposées à la Bibliothèque impériale et représentant des chevaux, on se convainc que quoique ceux-ci appartiennent à une race supérieure à celle dont le type est reproduit sur les monuments égyptiens, persans, grecs et romains, ils ne réalisent cependant pas toutes les conditions du beau type arabe.
1. Indépendamment de la célèbre statue équestre de Marc-Aurèle, on peut admirer à Rome les sculptures équestres suivantes : 1" au Vatf- "can, dans le musée Pio-Clémentin, sala degli animait : cheval en marbre, de taille assez considérable ; statue équestre de Commode ; char attelé de deux chevaux (dans la salle délia Biga); cheval terrassé par un lion; 2° au musée du Capitole : le dernier sujet reproduit sur une plus grande échelle; cheval en bronze; 3" sur le monte Cavallo : au pied de l'obélisque placé devant le palais pontifical , Castor et Pollux à côté de leurs coursiers; k° au palais Farnèse : statue équestre de Caligula. Parmi toutes ces sculptures, le cheval de bronze du musée du Capitole est peut-être celui qui se rapproche le plus du type arabe, sans cependant le rendre complètement; il pourrait appartenir à la race barbe. Ce bel ouvrage est considéré comme étant de Lysippe, et il a toute délicatesse des bas-reliefs du Parthénon. Le cheval terrassé par le lion ( au Vatican ) offre également une grande pureté de formes , et l'on pourrait en dire autant des deux coursiers attelés au char, s'ils n'avaient été complètement restaurés par un artiste moderne, M. Fran- 2oni, dont le travail, quelque beau qu'il puisse être, ne nous permet point de juger de la création primitive. Cependant, en admettant que le caractère de cette dernière ait été religieusement observé, les chevaux du char, ainsi que le cheval terrassé par le lion, ne reproduisent
Un siècle environ après la guerre avec Antiochus , éclata la terrible lutte entre les Romains et Mithridate. Dans sa première campagne, ce prince disposait de 250,000 fantassins et de 50,000 cavaliers (Âppianus, de Bello Mithrid.^ c. 119). Or, ces forces très-considérables ne représentaient que les contingents de la partie du royaume du Pont qui, à l'époque de la première guerre, n'embrassait encore ni la Paphlagonie, ni la Galatie, ni la Phrygie, car ces trois provinces n'y furent annexées que plus tard; en sorte qu'à côté de ses adversaires romains se présenta un autre prince de l'Asie Mineure, Nicomède, roi de la Bithynie. Malheureusement nous ne connaissons point le chiffre des forces des alliés ligués contre Mithridate, parce que le passage d'Appien qui s'y rapporte se trouve mutilé. Nous savons cependant que lorsque les deux armées se rencontrèrent sur les rives de l'Amnias , la cavalerie du roi de Pont comptait 40,000 chevaux , et celle de Nicomède
qu'imparfaitement les attributs de la race arabe. Enfin ceux des monuments qui la rappellent le moins sont les chevaux des groupes de Castor et Pollux, tant au Capitole qu'au Monte Cavallo, bien que ces derniers portent les noms de Phidias et de Praxitèle gravés en gros caractères. Il est curieux d'observer que sur les vases étrusques de la collection du marquis Carapana, collection la plus riche peut-être qui existe en fait de monuments de ce peuple antique , on voit de nombreuses peintures de chevaux dont les formes sveltes se rapprochent beaucoup plus du type arabe que toutes les statues équestres, bas-reliefs, fresques, etc., que nous ont légués les divers peuples de l'antiquité. S'il était prouvé que les Étrusques sont originaires de l'Assyrie dont, au reste, leurs vases reproduisent souvent les costumes et la physionomie, on pourrait,supposé que ce peuple a rapporté de l'Asie centrale (de la Médie, par exemple) le souvenir d'une race chevaline plus noble que celle des Grecs et des Romains.
6,000^; quant à la cavalerie romaine, Freinshemius 2 ne l'évalue pas au-dessous de 40,000 hommes. En n'admettant que la moitié du chiffre présumé par le savant continuateur et interprète de Tite-Live, nous n'en aurons pas moins réuni sur les rives de l'Amnias un corps de 66,000 cavaliers fournis seulement par une partie de l'Asie Mineure*. Ce n'est pas tout encore : lorsque, après plusieurs campagnes sanglantes , Mithridate eut été complètement défait et fut allé chercher un refuge chez Tigranès, roi d'Arménie, ce prince leva aussitôt 50,000 cavaliers et 200,000 fantassins ^. Ils furent également battus et dispersés par Lucullus, ce qui ne l'empêcha pas de recommencer la guerre avec une nouvelle armée dont la force numérique était de 35,000 cavaliers et 70,000 fantassins^. Ainsi, dans cette seule lutte entre Mithridate et les Romains, lutte qui à la vérité remplit une grande partie du règne du roi de Pont^, l'Asie Mineure mit successivement sur pied 150,000 chevaux, sans compter les contingents que n'ont pas enregistrés les historiens, ou qui furent