‹ Le Bosphore et Constantinople avec perspectives des pays limitrophesChapitre 68 sur 179 · De Bel, civ.,1. iv · texte numérisé non relu

De Bel, civ.,1. iv

ET COMSTANTINOPLE. 173

tingents de cinq peuples, parmi lesquels figuraient les plus renommés pour leurs races hippiques.

Pendant la longue période qui s'écoula depuis la réduction de l'Asie Mineure en province romaine jusqu'à l'établissement des premières tribus d'origine turque , les données historiques nous manquent pour apprécier l'état où a pu se trouver dans cette contrée la race chevaline. Il est à présumer qu'elle partagea la décadence vers laquelle la péninsule se trouvait de plus en plus entraînée, d'un côté par les intolérables exactions qui l'accablèrent, tant sous la République et l'Empire que sous le régime de la cour byzantine, d'un autre côté par les nombreuses et dévastatrices expéditions dirigées contre les Persans et les Arabes, expéditions qui traversaient toujours l'Anatolie dans toute sa longueur. Au vi'' siècle, l'organisation des lignes postales en Asie Mineure existait encore sous l'empereur Justinien, comme l'atteste Jean le Lydien*, qui fait cette observation importante : que l'institution en remontait à une antiquité reculée; on pourrait en inférer qu'elle n'était que la continuation (peut-être plus ou moins modifiée ou temporairement suspendue)

1. Johannes Lydus, ds Mayistr.^ 1. m, édition de Bonn, p. 2/49.

m LE BOSPHOKE

de l'œuvre de Cyrus, œuvre qui aurait survécu à plus de mille siècles de bouleversements dont cette contrée fut le théâtre. D'après le même historien, l'organisation postale en Asie Mineure fut anéantie par l'infâme Jean de Cappadoco, qui craignait qu'à l'aide de ces rapides voies de communications, les habitants de la contrée livrés à toute sa rapacité ne fissent parvenir leurs gémissements jusqu'aux or€*illes de l'empereur. Le Byzantin Glycas ^ nous apprend que, sous les successeurs de Justinien, il existait une ligne de signaux de feux échelonnés depuis Constantinople jusqu'à Tarsus; cette espèce de ligne télégraphique avait particulièrement pour but d'avertir le gouvernement dos mouvements des Arabes , dont les invasions se faisaient avec tant de rapidité et d'une manière si inattendue, que le pays se trouvait constamment pris à l'improviste. Mais cette importante branche de service public fut également sacrifiée aux caprices despotiques d'un seul individu; car, selon Glycas, les signaux furent détruits par ordre de l'empereur Michel , dont ils troublaient souvent les plaisirs en répandant de sinistres nouvelles au moment où il courait l'hippodrome entouré d'histrions et de cochers. On sait combien ce prince affectionnait de tels hommes, et que l'un d'eux, nommé Basiliscus, fut élevé à la dignité de patriarche. Vraisemblablement l'abolition des lignes postales en Asie Mineure, par Michel, ne fut qu'une mesure temporaire, peut-être partielle. Elles ne tardèrent pas à être rétablies. Dans

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