PRÉFACE. V
nées sëtilement, tous les murs, toutes les vitrines de nos capitales ont été successivement revêtus des cartes de la Baltique, de la Crimée, de Tltalie, du Maroc, du Mexique, des États-Unis (ou désunis) de l'Amérique, de r Isthme de Suez, de la Chine, de la Cochinchine, du Japon, de la Pologne, du Danemark, du Caucase, de l'Algérie, de la Tunisie, etc., et malgré la multiplicité et le caractère complexe de ces affiches d'un nouveau genre, la foule n'a cessé de les étudier, souvent avec une légitime anxiété, parce que chacun pour ainsi dire (surtout en France) voyait engagé dans ces contrées soit un membre de sa famille , soit une part de sa fortune, soit enfin une question de nationalité ou d'humanité. Or, il est incontestable qu'en identifiant ainsi le public avec les régions les plus lointaines, et en lui présentant chaque jour l'image de celles-ci, on a fait, en une dizaine d'années, beaucoup plus pour la popularité des notions géographiques, que tout ce qui avait été entrepris pendant les siècles précédents; car, sans cette nouvelle espèce de fusion entre des contrées en apparence si peu solidaires les unes des autres, on n'aurait certes jamais pu forcer le plus humble ouvrier à étudier le nom et la position de pays ou de villes dont le géographe de métier a souvent de la peine à se rendre compte, lors même qu'il s'agit de notre Europe , comme par exemple de tout ce labyrinthe topographique du Slesvig-Holstein hérissé de ses Lauenbourg, Augustenbourg, Sonderbourg, Flensbourg, Rendsbourg, et de tant d'autres h(mTg$ plus ou moins microscopiques, où l'Allemagne a cru découvrir des