‹ Le Bosphore et Constantinople avec perspectives des pays limitrophesChapitre 6 sur 179 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

dant, les liens qui rattachent le Bosphore aux terres adjacentes de la Thrace et de la Bithynie sont tellement intimes, que terres et détroit forment un ensemble indivisible, môme dans le sens politique, puisque les extrémités des presqu'îles de Thrace et de Bilhynie sont les contre-forts naturels du canal; en sorte que les ouvrages extérieurs partageront toujours les destinées de la grande citadelle centrale. Il en résulte que les presqu'îles dont il s'agit méritent au môme degré que le Bosphore proprement dit l'attention des hommes d'état et du public. Cela sera démontré de la manière la plus évidente le jour où Constantinople deviendra le théâtre de quelque nouvelle complication européenne : car, parmi les cartes qui défrayeront alors la curiosité générale, le détroit figurera, non seul, mais avec ses compléments indispensables et naturels : la Thrace et la Bithynie.

Ce n'est donc que sous cette forme qu'une carte du Bosphore répondra au besoin qu'éprouvent périodiquement nos populations de se familiariser avec les diverses parties du globe terrestre, besoin qui constitue peut-être le trait le plus saillant et le plus original de notre époque. En effet, quoi de plus curieux que la facilité avec laquelle la foule se livre aujourd'hui à ce qu'on pourrait appeler des cours de géographie en plein vent, cours rendus d'autant plus instructifs, que les pays placés chaque jour sous les yeux du public, sont pour ainsi dire tracés avec les teintes palpitantes du sang des contemporains, souvent du sang des compatriotes. Dans l'espace restreint d'une dizaine d'an-

Page 1