Hist, animal,, I. iv
niun en Elide que dans le reste de la Grèce. Graduellement les mulets se répandirent en Europe, sans qu'aucun témoignage historique puisse nous permettre de déterminer la nature des influences qUî paraissent avoir donné, dans certaines parties de ce continent, à leur race métisse un développement tout particulier qu'elle ne possède plus chez nous. Ainsi, nous ne savons pas de quel pays étaient originaires les ancêtres de ces magnifiques races dont parle Varron*, et qui étaient tellement estimées à Rome . que les ânes destinés à les produire se payaient chacun jusqu'à douze mille francs de notre monnaie actuelle. De plus, il y a de boniies raisons pour supposer que, sous le règne de Dioclélien, les mulets dont on se servait à Rome étaient d'une taille bien supérieure à celle qu'ils ont à présent en Europe^. Au reste, un curieux passage de Claudien ^ prouve que déjà au lu* siècle de notre ère l'usage des mulets, comme animaux de traction et de luxe, était répandu jusque dans les Gaules. Voici comment le poète chante ces enfants du Rhône dans des vers qui dissimulent si bien la barbarie de son époque, qu'on les croirait presque contemporains de l'Age d'or de la littérature romaine :
Aspice morigeras Rhodani torrentis alumnas
Imperio nexas, imperioque vagas Dissona quam varios flectant ad murmura cursus
Et certas adeant, voce régente, vias.
i. De Re rust,, 1. ii, 8.
2. Dureau de La .Malle, Économie polit, des Romains, t. I, p. 131.