‹ Le Bosphore et Constantinople avec perspectives des pays limitrophesChapitre 84 sur 179 · MnIus barba lus · texte numérisé non relu

MnIus barba lus

(du moins à propos de poisson) la prodigalité de 1 empereur Tibère, qui, selon Suétone, paya au prix de 30,000 sesterces, ou près de 6,000 fr., trois rougets de grande taille.

Indépendamment de l'avantage de posséder d'excellents poissons de mer fournis par le Pont-Euxin, le Bosphore et la Propontide, la capitale ottomane jouit encore de celui de se trouver à la portée des grands fleuves qui, comme le Danube, le Dniester et le Dnieper, nourrissent beaucoup d'espèces d'eaux douces trèseslimées et aisément transportables à l'aide des nombreux bateaux à vapeur qui sillonnent la mer Noire en tout^sens^.

Enfin, si, sous le rapport des crustacés et des mollusques, la mer Noire, comparée à la Méditerranée, olTre la même infériorité que sous le rapport des poissons, cette différence ne frappe pas sur le Pont-Euxin, en ce qui concerne les espèces utiles; car, sans parler des écrevisses qui y sont peu abondantes, on y compte, parmi les mollusques, non-seulement plusieurs espèces comestibles de moule [modiola lithophaga)^ de patelle, de cardium , mais encore le précieux ostracé qui , sur

1. Voyez, pour les poissons du Danube, du Dnieper, du Dniester, du Boug et du Volga , VA$\e Mineure, loc. cit., p. 806-832.

DOS côtes, est l'objet d'une industrie si fructueuse; il est vrai que, dans ce pays dénué des ressources de la science moderne, i! partage le sort de tous les produits de la terre et de la mer; c'est-à-dire que l'homme n'a rien fait pour en développer la reproduction ou l'exploitation. Les huîtres, déjà abondantes sur plusieurs points du Bosphore et surtout dans la Corne-d'Or, se multiplient à mesure que l'on descend dans la Propontide et dans le détroit des Dardanelles jusqu'à Smyrne, où elles deviennent rares. Quant au dernier détroit, il parait avoir joui dans l'antiquité d'une certaine célébrité sous ce rapport, car Virgile qualifie d'ostérifères les parages d'Abydos :

Ostriferi fauces tententur Abydi *.

En terminant les quelques traits épars destinés à faire ressortir, parmi les animaux qui composent la Faune des contrées du Bosphore, ceux qui ont le plus d'importance pour l'homme, j'ajouterai que le caractère général de cette Faune, tel qu'il résuite, non des faits isolés mentionnés ici, mais de l'ensemble des matériaux encore fort incomplets que l'on possède, semble indiquer une certaine affinité avec le type de la Faune méditerranéenne, ce qui, ainsi que nous le verrons dans le chapitre, suivant, n'est nullement semblable pour la Flore de ces contrées, à laquelle les conditions climatériques impriment une physionomie très-dilTé-

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