‹ Le Bosphore et Constantinople avec perspectives des pays limitrophesChapitre 9 sur 179 · PRÉFACE. VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. VII

raire, c'est presque viser h roriginalité que de concentrer ses larcins dans sa propre personne, au lieu de les commettre sur celle de son prochain. Malheureusement, ce dernier genre d'emprunt devient aussi aisé à opérer que difficile à découvrir, lorsqu'il s'agit d'ouvrages qui ont pour objet des contrées lointaines et qui , en raison de leur nature tout à la fois spéciale et variée, mais surtout à cause de leur prix fort élevé, n'ont de place que dans les bibliothèques publiques, ces sanctuaires où bien des graines et des fruits se récoltent et se moissonnent sans qu'on se rappelle toujours le terrain qui les a produits. Les auteurs de tels ouvrages ne sont que trop souvent condamnés à voir les hommes qui viennent après eux explorer le même pays , ignorer leurs prédécesseurs , et de cette manière imposer au public leurs prétendus droits de priorité. L'illusion, involontairement ou volontairement créée, ne manque presque jamais son effet, lorsque le nouveau venu se présente revêtu de certains dehors qui parlent aux yeux de la multitude; car la foule est toujours disposée à croire que celui qu'elle aperçoit pour la première fois est nécessairement le premier de son espèce.

Je ne crois pas avoir trop dérogé au caractère de vulgarisation que je désirerais imprimer par moi-même, et sans le secours des auxiliaires dont je viens de parler, à la première et à la plus considérable partie de mon livre, en y introduisant assez fréquemment des recherches historiques sur plusieurs des traits qui composent la physionomie physique de la contrée, ce genre de

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