‹ Le Bosphore et Constantinople avec perspectives des pays limitrophesChapitre 10 sur 179 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

discussion étant digne d'intérêt pour tout lecteur éclairé et n'exigeant de sa part aucune étude spéciale ou préparatoire. D'ailleurs, rien ne caractérise plus fortement la science moderne que la direction nouvelle donnée à l'étude critique des auteurs de l'antiquité et du moyen âge. En effet , si autrefois une foule d'écrits , comme ceux des poètes, n'avaient qu'une valeur purement littéraire, aujourd'hui tous les produits de l'esprit humain, quelle que soit leur forme ou leur objet, ont de l'importance aux yeux du savant et se rangent plus ou moins dans la classe de documents historiques susceptibles de porter un flambeau lumineux sur certaines branches de la science qui ne s'attendaient guère à rencontrer de semblables auxiliaires. Parmi les nombreux exemples de résultats curieux auxquels peut conduire cette nouvelle méthode critique (méthode que j'avais du reste déjà essayé d'appliquer à l'étude de la physionomie physique de l'Asie Mineure dans l'ouvrage spécial que j'ai consacré à cette contrée) figure, sans doute, au premier rang, le remarquable travail publié par M. Reinaud dans le Journal Asiatique « Sur les ' relations politiques et commerciales de l'Empire romain avec l'Asie occidentale, » travail rempli de déductions neuves et ingénieuses, et qui néanmoins paraissent souvent tellement simples et faciles à trouver, que tout lecteur versé dans l'étude des anciens semble étonné de ne pas avoir aperçu depuis longtemps ce que l'auteur lui fait voir pour la première fois. Cette impression est le signe caractéristique de toute œuvre vraiment originale, dont les découvertes causent presque toujours

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