ACTE TROISIÈME
GONZAGUE
Ah! enfin... La jeune fille?... et le parchemin.
pevrou.es.
Sont à nous... à la pelile maison de la rue Saint-Magloirc.
GONZAGUE
Bien... bien... (a part.) A présent, à nous deux, Lagardère... et je ne le ferai ni grâce ni merci... (a bauie voî*, vivement.) Je supplie humblement Votre Altesse royale de ne renvoyer personne ; si un homme comme M. do Lagardèrea besoin d'ombre et de mystère... un homme comme moi, monseigneur, ne veuL que la lumière et l’éclat... M. de Lagardère vient ici pour m’accuser, je le sais, et je voudrais que cette étrange accusation eût encore plus de témoins... ce n'est pas seulement devant vous, monseigneur, devant vous, madame, que je veux confondre, écraser la calomnie... c’est devant tous...
r.E RÉGENT.
Je vous approuve, M. do Gonzague, si l’attaque a été sourde et secrete, éclatante et publique sera la défense. (Au* autres seigneurs.) Restez, messieurs.
Oh ! je n’aurai pas à me défendre, monseigneur, avec M. de Lagardère, je ne vois pas la personne qu’il prétend être la fille de Philippe de Lorraine.
LE RÉGENT
En effet, pourquoi cette personne n’est-elle pas avec vous, monsieur?
LAGARDÈRE
Monseigneur, j’avais dû m’assurer qu'il me serait permis d’arriver jusqu’à Votre Altesse royale. Je suis donc venu seul d’abord, puis prévoyant que je pourrais être retenu, soit par la volonté de Votre Altesse, soit par quelqu’autre empêchement... j’avais pris mes mesures... Et à l'heure que ie vous ai dite, monseigneur, à minuit, mademoiselle do Nevers sera amenée ici et présentera elle-même, à Votre Altesse, lespngesarrachéesdu registre paroissial parBlanche de Caylus, précieux dépôt qu’elle m’a confié il y a quinze ans, lorsque croyant donner son enfant à Philippe de Nevers, elle me le remettait à moi, qui, dans les fossés de Caylus, lui avais dit la devise de Nevers, signal convenu entre elle et le duc Philippe.
LA PRrNCESSE.
C’éSt vrai, monseigneur.
LE RÉGENT
Et ce pli scellé est, dites-vous, en votre pouvoir ?
LAGARDÈRE
Il est entre les mains de mademoiselle de Nevers.
GONZAGUE, h part.
Et mademoiselle de Nevers est à moi.
GONZAGUE
J’ose encore adresser une prière à Votre Altesse, ie lui demande de lever les arrêts de M. de Lagardère et de lui permettre d’aller sous bonne escorte chercher lui-même ces terribles preuves dont il me menace et que je lui porte le défi do produire. Il faut en finir avec cette monstrueuse comédie et l’heure à laquelle elle devait commencer a sonné depuis longtemps, voyez, monsieur, voyez, (il üro sa montre et la présente h Lagardère.)
LE RÉGENT, à Bonnhet.
Monsieur le capitaine des gardes, accompagnez M. de Lagardère.
LA PRINCESSE
Partez, monsieur, parlez.
GONZAGUE
Oui, partez, partez !
LAGARDÈRE, qui pendant ce tomps regardait Gonzague.
Ah! madame! priez Dieu que je n’arrive pas trop lard!
(il va s'élancer an dehors, mais A ce moment Cocardasse se détache de la fonte, montre vivement à Lagardère sa main dégantée, puis laisse tomber son gant devant lui.)
LAGARDÈRE
Ah!...
LA PRINCESSE
Qui vous relient? qui vous arrête? pourquoi pâlissez-vous?
Ah ! madame, quant au prix de ma vio je voulais sortir du palais... c’est qu’une voix secrète me disait : la fille de Nevers est en danger!,..
LA PRINCESSE
En danger... ma fille... oh! mais je la défendrai, moi!...
LAGARDÈRE
Oh ! madame, à l’heure où nous parlons... elle est morte, peut-être.
TOUS
Morte I
LAGARDÈRE
Si on me l'a enlevée, c’est pour la faire disparaître, la tuer... monseigneur me voilà seul et sans preuves devant vous. Mais Dieu est juste, il fera un miracle. Trois jours.
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