ACTE QUATRIÈME. H
GONZAGUE
Moi !
Depuis que vous la tenez en votre possession, vous cherchez, j*en suis sûr un moyen de vous défaire d'elle et vous n’auriez jamais songé à celui que je vous offre.
GONZAGUE
Comment, l’objet de ton monstrueux emour...
C’est Blanche, fille de Philippe de Lorraine, duc de Nevers.
GONZAGUE
Tu sais...
Je savais les secrets de Lagardère, comme je devine vos projets, monseigneur, à tout prix vous ferez disparaitre l’heritiere légitime des immenses biens que vous convoitez, et que vous restituez apparemment à une prétendue fille du duc, que parce qu’à l’avance vous avez compté les jours qui lui restent à vivre. — Vous avez maintenant à passer sur deux cadavres pour arriver aux trésors de Nevers. Eh bien, je débarrasse votre roule et je vous évite le meurtre d’une enfant : Ne tuez pas Blanche, donnez-la moi.
A toi !
A moi qui l’aime non pour son titre ni pour son or, — mais pour sa jeunesse et pour sa beauté. — Donnez-la moi, et je remmènerai loin de Paris, de la France, do l'Europe, si vous le voulez, donnez-la moi, non pas pour maîtresse, mais pour femme. Elle ne s’appellera plus du nom do son père, mais du nom de son mari.
GONZAGUE
Tu es en délire... Elle ne consentira jamais.
Ceci me regarde, ne suis-je pas un peu sorcier?
GONZAGUE, riant.
Si encore elle était aveugle... lu aurais des chances... mais quand elle te verra...
Laissez-moi tenter l'entreprise.
GONZAGUE, gravement.
Ne veux-tu pas faire ce qu’aurait fait Lagardère? ne veux -tu pas prendre celle jeune lille pour la conduire à sa mère?
JiO
Pensez-vous qu’Esope serait bien accueilli de la flère princesse de Gonzague, s’il se présentait comme son gendre.
GONZAGUE
Tu as raison. — Tout cela serait trop bouffon pour être dangereux.
Vous consentez...
GONZAGUE
Blanche, ne quittera cette maison que pour suivre son mari. — Tu m’entends bien son mari... si elle refuse l’étrange alliance que je vais lui proposer, — alors tu trouveras une autre récompense que je te puisse donner... quant à cette jeune fille...
Elle mourra ?
GONZAGUE
Elle prendra ces fleurs qui n’auront qu’un moment passé par mes mains, elle emportera ce bouquet dans sa chambre, elle en respirera l’énivrant parfum et demain, mon pauvre Esope, demain, tu seras vengé. Sauve-la donc si tu peux. Mes amis viennent souper chez moi, ils signeront tous comme témoins le contrat que rédigera mailre Fidélin, mon notaire, que je vais envoyer chercher, (n sonne, un raiet parait). Giraud, je le confie ce garçon, conduis-le dans mon appartement; déploie tout ton savoir faire, habille-le? parele, fais le séduisant, (au bossu.) Quand tu sortiras de ses mains tu seras au moins présentable. — Pardieu, je ne m’attendais pas à donner celte nuit un repas do noces, avec toi, l’ami, on marche de surprise en surprise, voyons, ne m’en ménages-tu pas encore quelque nouvelle?
Peut-être bien !
GONZAGUE
Vraiment, sais-tu que je ne serais pas étonné que tu fusses le diable en personnel
Un pauvre diable, alors... qui sans vous ne pouvait rien.
GONZAGUE
Giraud t'attend I Allez beau fiancé et soyez prêt à deux heures.
LE BOSSU, saluant.
A deux heures, (Il sort arec lo ralet par la gauche.)