SCÈNE X
Les Mêmes, GONZAGUE, BLANCHE.
NAVAILLES, retenant le bossu.
Ne te montre pas trop vite, laisse Gonzague préparer ta future au bonheur qui 1 attend.
blanche, à Gonxague.
Où me conduisez- vous? que veut-on de moi?
LE HOSSU.
Ma chère enfant, je vous répète que vous n’avez rien à craindre, vous êtes orpheline, sans fortune, sans appui, un ami vous a léguée à moi, et je veffx vous ofTrir une dot et un époux.
BLANCHE
Mon Dieu t la douleur m'a rendue folle... et je ne suis pas bien sûre de comprendre ce que vous me dites.
GONZAGUE
C’est moins un mari qu’un protecteur que je veux vous donner, ce protecteur ne consentez-vous pas à le voir?
BLANCHE
Un protecteur! j'en avais un, et on l’a lue, oui... on;l’a tué, puisqu’il n’est pas ici pour me défendre.
CHAVERNY
Ce protecteur s’appelait Lagardère, n’est-ce pas, mademoiselle?
BLANCHE
Oui, oui.
CHAVERNY
A défaut de Lagardère, absent ou mort, moi marquis de Chaverny ! je me déclaré votre chevalier : ah ! si la violence vous a fait entrer dans cette maison, je jure Dieu, moi, de vous en faire sortir,
GONZAGUE
Vous oubliez trop souvent que vous ôtes chez moi. monsieur, j’offre une protection à mademoiselle, je ne la lui impose pas.
Qui êtes- vous donc pour me protéger? je n’e vous connais pas, monsieur, mais je sens là que vous êtes l’ennemi secret qui me poursuit depuis mon enfance, je ne vous connais pas, et c’est vous, j’en suis sûre, qui m’avez fait enlever, c’est vous qui avez fait tuer Lagardère... je no veux rien de vous ni de personne, rien que la mort, ohl si je vous fais vraiment pitié, tuez-moi, monsieur, tuez-moi. (Elle chancelle.)
CHAVERNY, la soutenant.
Elle s’évanouit. (On la fait asseoir.)
GONZAGUE, au bossu.
Mon pauvre Esope, tes affaires vont mal.
Elles iront mieux quand je les ferai moi-même.
CHAVERNY, qui a fait respirer des sels a Blanche.
Elle rouvre les yeux.