‹ Le bossu drame en cinq actes et douze tableauxChapitre 129 sur 129 · GONZAGUE ET LAGARDÈRE · texte numérisé non relu

GONZAGUE ET LAGARDÈRE

C’est ici 1

GONZAGUE

Je remercie Votre Altesse d’avoir choisi cette place pour en finir avec une odieuse accusation... j’ai présenté à madame de Gonzague, celle que j’affirmais, que j’affirme encore être la véritable héritière de Philippe et que je cherche en vain auprès de sa mère. J’apporte la preuve indiquée par madame la princesse elle-même... la feuille arrachée au registre de la chapelle de Caylus... elle est là, sous ce triple cachet.

LE RÉGENT

Madame de Gonzague reconnaît-elle cette pièce?

LA PRINCESSE

Je la reconnais... à présent, parlez Lagardère, parlez, mon fils.

O ma mère !

BLANCHE, lai baisant la main.

LE RÉGENT

Parlez, monsieur.

Monseigneur, tout ce que je promets, je le tiens... J’avais jnré sur l'honneur de mon nom que je rendrais à madame de Gonzague l’enfant qu’elle m’avait confiée, au péril de ma vie, je l’ai fait.

LA PRINCESSE, embrassant Blanche.

Oui... oui.

LAGARDÈRE

J’avais juré, monseigneur, de me livrer à votre justice après vingt-quatre heures de liberté; avant l’heure dite, j'avais rendu mon épée... Enfin, j’avais juré que je ferais éclater mon innocence en démasquant le vrai coupable. •• et, avec l’aide de Dieu, je tiendrai mon dernier serment.

GONZAGUE

Ah! monseigneur, soufTrirez -vous plus longtemps qu’un pareil misérable m’accuse, moi, 'sans témoins, sans pfeuves...

LAGARDÈRE

J’ai mes témoins et j’ai mes preuves. (Mourement.)

GONZAGUE

Des témoins!... (R«|iartlant atrtour de lui.) OÙ 80nt-ils ?

LAGARDÈRR.

Us sont deux, cl le premier c’est vous.

Cet homme est fou.

LAGARDÈRE, le regardant.

Le second de mes témoins est dans la tombe.

GONZAGUE

Ceux qui sont dans la tombe ne parlent pas.

LAGARDÈRE

Us parlent quand Dieu le veut., voici pour les témoins... le mort parlera... Quant aux preuves, elle sont là... dans vos mains, monsieur de Gonzague... mon innocence est dans cette enveloppe triplement scellée... Refusez donc de croire à la Providencequi vous foudroie... Vous avez produit vous, même ce parchemin, instrument de votre propre ruine... et vous ne pouvez plus le relirer, il appartient à la justice, et la justice vous presse ici de toutes paris... pour vous procurer cette arme qui va vous frapper, votre Pcyrolles a pénétré dans ma demeure comme un voleur de nuit.'

GONZAGUE. V

Monseigneur t

LAGARDÈRE

Allons, brisez ces cachets?... Il n’y a là-dedans qu’une feuille de parchemin, l’acte de naissance de mademoiselle de Ncvers.

LE RÉGENT

Brisez ces cachets. Gonzague.

LAGARDÈRE

Non... votre main hésite et tremble toujours... Vous devinez qu’il y a là autre chose, n’est-ce pas ? Je vais vous diro ce qu’il y a... au dos du parchemin, trois lignes écrites avec du sang... Nevers était auprès de moi la nuit du meurtre, ici. . c’était ici... une minute avant la bataille, il voyait luire dans l’ombre les épées des assassins... et sur celle feuille qui est là-dedans... de son stylet trempé dans sa veine ouverte, il traça ces trois lignes qui disaient le crime et le nom de l’assassin.

* m ' ACTE CINQUIÈME. 133

LE RÉGENT

Tu trembles, Gonzague !

GONZAGUE

Moi !

^ LAGARDÈRE

Le nom est là... le vrai nom... en toutes lettres... brisez l’enveloppe et le mort va parler. (Gonzagne a reculé itérant Lagardère, il s'csl approché d'un (le* porteurs de torches.)

GONZAGUE

Le nom est là.

* LAGARDÈRE

Lisez, qu’on sache si le nom qui est là est le mien ou le vôtre.

(Gonzague, d'nne main tremblante, présente l'enveloppe .Ma flamme des torches.)

Ah ! il a brûlé l’enveloppe qui contenait le nom de l’assassin 1

LE RÉGENT, s'élançant.

Misérable !

LAGARDÈRE, montrant l'enveloppe enflammée.

Le mort a parlé.

LE RÉGENT

Qu’y avait-il d’écrit... dis vite, on te croira, car cet homme vient de se perdre, qu’y avait-il ?

LAGARDÈRE

Rien, monseigneur, rien , entendez-vous monseigneur de * Gonzague, votre nom n’était pas là... mais vous venez de Ty écrire vous-même.

d’argenson.

Il y a aveu du coupable.

LE RÉGENT

Assassin ! assassin !

GONZAGUE, h Lagardère.

Tu ne jouiras pas dota victoire 1 (Il arrache l’épée wio qno tient un officier des gardes au premier plan cl veut s'élancer sur Lagardère.) CtlAVKRNY, se plaçant entra les deuz.)

Encore un meurtre 1

LAGARDÈRE

Une épée ! une épée !

LE RÉGENT, loi donnant la sienne.

Tiens, fais justice!

LAGARDÈRE, faisant tournoyer l'épée.

J’y suis t j’y suis! (A la seconde botte, Gomagne tombe.) COCARDASSE, caché derrière les gardes, à part.

Huit.

PASSEPOIL, même jeu.

Le compte y est.

LAGARDÈRE

Gloire à Dieu ! Nevers, j’ai tenu ma parole !

*56 fl

Page 1