‹ Le bossu drame en cinq actes et douze tableauxChapitre 23 sur 129 · NEVERS, LAGARDÈRE · texte numérisé non relu

NEVERS, LAGARDÈRE

NEVERS, descendant l’escalier.

Deux porteurs de torches ne feraient pas mal ici.

LAGARDÈnE.

Quelqu’un... C’est Nevers... oui... c’est lui, par ici, monsieur le duc.

NEVERS, dégainant.

Vous êtes Lagardère... A la besogne, chevalier, je suis pressé, livrez-moi seulement le fer que je sache bien où vous êtes I

LAGARDÈRE

Pas avant que vous m’écoutiez, monsieur le duc.

NEVERS, poussant à loi.

Quelque insulte encore contre mademoiselle de Caylus.

LAGARDÈRE

Non, pardieu! J’ignorais... prenez donc garde!

NEVERS, de même.

Il faut du sang 1

LAGARDÈRE

Écoutez-moi.

NEVERS

Non! non!

Ah! diable d’enfer! faudra-t-il vous fendre le crâne pour vous empêcher de tuer votre enfant !

NEVERS

Mon enfant ! ma fille.

LAGARDÈRE

Ah ! c’est une demoiselle? eh ! parbleu, la voilà.

NEVERS

Ma fille dans vos bras !

LAGARDÈRE

Doucement, vous allez me la réveiller, vous !

NEVRES.

Ditcs-moi du moins...

LAGARDÈRE

Diable d’homme, il ne voulait pas me laisser parler.., le

voilà maintenant qui prétend me forcer à lui conter des histoires! Voyons, embrassez-moi cela, père... doucement... bien doucement... là, là, assez d’embrassades, papa! Nou3 sommes déjà de vieux amis, la Minette et moi... couchonsla d’abord sur ces bottes de loin, (n la coucho sur le foin.)

NEVERS

Ah ! chevalier 1

LAGARDÈRE, avec noblesse.

Maintenant je réponds d’elle sur ma vie, monsieur le duc! J’expie ainsi, autant qu’il est en moi, une double insulte, à vous d’abord qui êtes la loyauté même ! et à sa mère qui est une noble femme.

NEVERS

Vous avez vu mademoiselle de Caylus ?

LAGARDÈRE

J’ai vu madame de Nevers.

NEVERS

Où cela ?

LAGARDÈRE

A cette fenêtre.

NEVERS

Et c’est elle qui vous a confié...

LAGARDÈRE

Ce trésor?... Oui... croyant vous le remettre à vous- même l — Oh! ne cherchez pas à comprendre... il se passe ici d'étranges choses, monsieur le duc, et puisque vous êtes en humeur de bataille... Pardieu, vous en aurez tout à l’heure à cœur joie.

NEVERS

Une attaque ?

LAGARDÈRE

Un assassinat! ordonné par un homme que je ne connais pas, mais qui se fait appeler monseigneur, et qui vous nomme son beau cousin.

NEVERS

Gonzague! un ami! presque un frère!... Ah! chevalier, cela n’est pas possible !

LAGARDÈRE, fourbissant son épée.

Je ne sais pas si cela est possible, mais je sais bien que cela est... et comme je ne vous crois pas d’humeur à fuir devant les assassins.

NEVERS

Non, pardieu I je les attendrai, ne fût-ce que pour savoir quel est le bandit qui les paye.

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