‹ Le bossu drame en cinq actes et douze tableauxChapitre 24 sur 129 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

LAGARDÈRE, à son épée.

Vous entendez, ma belle, ah ! ça, assez de fredaines... Vive Dieu, mademoiselle, tâchons de nous distinguer et de nous conduire en fille noble.

NEVERS

Vous allez vous battre pour moi?

LAGARDÈRE

Un peu pour vous, énormément pour la petite.

NEVERS

Ah ! Lagardère, je ne vous connaissais pas, vous êtes un grand cœur.

Moi, je suis un fou ! Mais bah I l’enfant m’a retourné, transformé... Je crois que je vais être bon et sage à présent. — Chutl (il écoute.)

NEVERS

Qu’y a-t-il?

LAGARDÈRE

On rampe là-haut.

NEVERS

Attendez, c’est Chariot, mon page qui devait m’attendre à l’auberge et qui m’aura suivi. (Ou yoit le petit page descendre par l’escalier de gaucho.)

LAGARDÈRE

C’est lui. Par ici, petit.

LE PAGE

Vous êtes cerné, monseigneur, perdu 1

LAGARDÈRE

Bah ! Us ne sont que huit.

LE PAGE

Ils sont vingt... quand ils ont su que vous seriez deux, ils ont pris du renfort.

LAGARDÈRE

Crois-tu pouvoir te glisser hors d’ici?

LE PAGE

Oui.

Cours à l’auberge, saute sur mon cheval et va chercher mes volontaires, qui sont au hameau de Cernay, dis-leur : « Lagardère est en danger 1 » Es-tu prêt ?

LE PAGE

Oui.

LAGARDÈRE

Tu es un brave petit bonhomme... (il h» montro l’escalier.)

Crève mon cheval, mais arrive, petit, arrive. (Le pago disparaît.)

REVERS, montrant le fond.

Garde à vous, chevalier, je vois briller une épée là-bas.

LAGARDÈRE

Faites comme moi, duc, et vivement, (n tire la charrette, et aidé dn duc, ils élèvent à la hâte une barricade en se servant de bottes de foin.)

REVERS

Chevalier, c’est désormais entre nous à la vie à la mort, si je vis, tout est commun entre nous ; si je meurs...

LAGARDÈRE

Bah 1 vous ne mourrez pas.

NEVERS

Si je meurs... ma fille aura besoin d’un protecteur.

LAGARDÈRE

Eh bien, sur ma part de paradis, je serai son père!

REVERS

Merci, frère !

LAGARDÈRE

A nos épées. —Les voici !

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