‹ Le bossu drame en cinq actes et douze tableauxChapitre 42 sur 129 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

HENRI

BLANCHE

Vous aimiez une autre femme.

HENRI

Oh ! mon Dieu !

BLANCHE

Et j’en serais morte !

HENRI

Tu m’aimes donc toi... Oh! mais le sais-tu bien, si lu m’aimes... connais-tu ton cœur?

BLANCHE

Il parle et je l’écoule.

HENRI

Si jamais tu avais des regrets !

BLANCHE

Quels regrets puis-je avoir si vous restez près de moi ?

HENRI

Écoute... j’ai déjà voulu soulever pour toi un coin du rideau qui te cachait les splendeurs du monde. Il y a deux mois, je l'ai conduit à Madrid; tu as entrevu la (cour, le luxe... Tu as entendu les voix de la fêle... ne te sens-tu pas faite pour cette vie?

BLANCnE.

Oui... avec vous.

HENRI

Et sans moi?

BLANCHE

Rien sans vous.

HENRI

Tu as vu ces femmes qui passaient brillantes et parées ; elles sont heureuses ces femmes, elles ont des châteaux, des hôtels.

BLANCHE

Quand vous êtes dans notre maison, Henri, je l’aime mieux qu’un palais.

HENRI

Elles ont une famille.

BLANCHE

Ma famille, c’est vous.

HENRI

Elles ont une mère.

BLANCHE

Une mère... Voilà le seul trésor que je leur envie... après

vous Henri, c’esl à ma mère que je pense le plus souvent... SLj’avais une mère, Henri, si je l’entendais vous appeler mon fils... Oh! que seraient de plus les joies du paradis?

HENRI

Et... s'il vous fallait choisir entre votre mère et moi?

BLANCHE

Entre ma mère et vous... Ohl Henri!... Henri I... je' t’aime!... je t’aime!... (Elle so cache la lêlo sur la poilrino d’Henri.)

HENRI, avec enthousiasme.

Dieu qui nous voies, qui nous entends et qui nous juges... Tu me la donnes donc... Oh! Blanche!... Tiens, regarde, le bonheur que tu me fais... je ris... je pleure... je suis ivre, je suis fou... A moi... te voilà toute à moi! ma bicn-aimée... ne crois pas ce que je te disais... je suis jeune... va... oui je mentais... ceux de mon âge sont plus vieux que moi... Sais-tu pourquoi? Les autres font ce que je faisais avant d’avoir rencontré ton berceau sur mon chemin... les autres s’en vont prodiguant follement le trésor de leur jeunesse. Tu es venue, toi, et je me suis fait avare de ce trésor... avare pour te garder toute mon âme... je n’ai plus rien aimé... rien désiré... et mon cœur que j’ai laissé dormir s’éveille, et ce cœur n’a que vingt ans.

LA VOIX DE COCARDASSE, en dehors.

As pas pur, péeaïre! il faut que je parle à ton maître, sandioul il le faut!

HENRI

Cette voix.,, je la reconnais... oh! rentre vite!

BLANCHE

Encore un danger !

HENRI

Oh! ne crains rien. ..je suis fort... je suis invincible à présent... Tu m’aimes! lu m’aimes!... (U la reconduit jusqu’au seuil de la porte conduisant à l'intérieur, puis voyant Cocardasso entrer en poussant Tonio devant lui, Henri saute sur son épée qu'it décroche.)

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