‹ Le bossu drame en cinq actes et douze tableauxChapitre 43 sur 129 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

COCARDASSE, à part.

Toujours fier! toujours superbe! il veut me pourfendre comme les autres. Attention.

HENRI, allant froidement à Cocardasse.

Vous étiez huit dans les fossés de Caylus... huit lâches assassins; de ces misérables, combien vivent encore ?

COCARDASSE

Cinq sont décédés avant l’âge, frappés tous là, entre les deux yeux... Nous avons reconnu la botte de Nevers... Eh donc! nous ne sommes plus que trois Staupilz... Passepoil et...

HENRI

Ne te compte pas, car tu vas mourir.

COCARDASSE

Capédédiouf vous êtes prompt comme la foudre, mais vous prendrez bien le temps de voir que Pétronille est à sa toiie|te et que je suis sans armes.

HENRI

Allons donc ! manque-t-il d’épées ici!... choisis.,,

COCARDASSE

Faire une infidélité à Pétronille... jamais!

Comprends donc, vieux drôle, que je ne veux pas te laisser vivre à présent que tu peux m’aller vendre et livrer, comme tu as vendu, et livré Nevers. J’ai juré que pas un de ses meurtriers ne m’échapperait, après les huit valets, le maitre. As-tu donc peur de la mort?

COCARDASSE

Etre tué par vous ! J’aimerais mieux vivre cent dix ans, ingrat... Vous me soupçonnez... loi, mon élève... mon orgueil... ma joie,! ... Mais pour vous Passepoil et moi, nous nous serious faits griller à petit l'eu... c’est vrai que nous trahissions quelqu’un... quelqu’un qui nous payait grassement pour découvrir votre cachette et celle de la petite... Ce bon M. de Peyrolles ! nous le servions comme il le mérite... nous vous avons déniché trois fois : à Burgos, à Séville, à Pampelune et nous avons eu la délicatesse a en prévenir cet excellent M. de Peyrolles, mais seulement quand un avis mystérieux vous avait fait prendre la clef des champs.

HENRI

v Ces billets anonymes... .

COCARDASSE

Étaient écrits de la main du petit prévôt... Amable Passe-

Ï oil... ex-commis au baillage de Falaise son pays... Hélas! ’assepoil ne vous écrira plus, Oreste a perdu son Pÿlade,lé

coquinasse' a cédé au torrent tumultueux de ses passions, il m’a quitté pour suivre une Vénus andalouse, petite, sèche et si brune que je la crois nègre... Oh! depuis madame Eve, les femmes sont ia perdition de l’humanité; bref, quand j’ai su que vous étiez céans, au risque d’une estafilade, je suis venu vous dire : Garde à vous ! le Peyrolles est à Segovie.

Peyrolles !

COCARDASSE

En compagnie de Staupitz.

HENRI

Staupitz!

COCARDASSE

Us ne sont pas encore sur votre piste, et M. de Peyrolles désespère même de la trouver jamais, car le grigou vient de me supprimer mes gages. Je n’ai plus besoin, m’a-t-ildit, de chercher ce Lagardère; j’ai trouvé le trésor qu’il avait emporté. *

HENRI

Blanche de Neversl... il l’a vue?...

COCARDASSE

J’en avais eu peur comme vous, mais Staupitz m’a expliqué la chose; il paraît qu’il est très-intéressant pour ce bon M. de Peyrolles, que mademoiselle Blanche de Nevers soit trouvée et ramenée à Paris avant la fin de cette année. Alors désespérant de rencontrer la vraie, le Peyrolles en présentera une de contrebande, et il a rencontré ce qu’il lui fallait, car il part ce soir pour la France; Staupitz doit l’attendre au défilé de la Tasse du Diable avec des mules.

HENRI

A quelle heure?

COCARDASSE

A six heures.

C’est bien... va -t’en.

COCARDASSE

Voilà toutes les amitiés que vous me faites, à moi votre vieux Cocardasse... Vous avez donc oublié que je vous ai fait ce que vous êtes ?

HENRI

Tu étais dans les fossés de Caylus et tu vis encore... Tu vois que je me souviens.

COCARDASSE

. Sandiou! je ne vaux pas grand’chose, je le sais, mais sur

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