ACTE DEUXIÈME
(Au moment où elle ta incliner la tête sur le prie-Dieu, son regard s'arrête sur le livre d'heures que le bossu y a placé.) Ce livre d’heures n’est pas le mien.., qui l'a placé là?... mon Dieu! mon Dieul... ce livre, je le reconnais, oui, c'est bien celui que j’ai remis à Philippe en lui donnant notre enfant I Seigneur avez-vous fait un miracle?... Ah! il y a quelque chose dans ce livre... oui, une lettre... (Lisant.) « Dieu aura pitié, si vous avez foi, votre fille existe et vous sera rendue aujourd’hui. » —Ma fille, ma fille existe. (Lisant.) « Plus que jamais défiez-vous de Gonzaguo ci souvenez-vous du signal convenu autrefois entre vous et Nevers. * (Parlant.) Sa devise. J'y suis. (Lisant.) « Pendant rassemblée, restez assise auprès du portrait de Nevers; quand il en sera temps, pour vous, pour vous seule I Le mort parlera. Signé, Henri de Lagardère. » (pariant.) Cette écriture ne m’est pas inconnue; où l’ai-je vue déjà?... Ah I je me souviens, cette écriture est semblable à celle-ci. (eüo regarde le billet qne lui a remis Chaverny.) Oui, la même main 8 tracé ces deux lettres, mon Dieu! c’était donc vrai... Seigneur, si vous m’avez laissé vivre, c'est que vous deviez me rendre ma fille.
MADELEINE, entrant. -
Madame, monsieur le vice-chancelier d’Argenson, désigné par monseigneur le Régent pour présider le tribunal de famille, fait demander à madame de Gonzague s’il lui plait de descendre au grand salon.
LA PRINCESSE regarde le portrait.
Non, non, je ne quitterai pas cette chambre.
* MADELEINE
M. le chancelier est aux ordres do madame ia princesse et se rendra auprès d’elle... si son désir est de recevoir ici.
LA PRINCESSE
Oui... ici. ..ici... (Madeleine sort. — Relisant.) «Quand il en sera temps pour vous, pour vous seule, le mort parlera. » (Elle retombe assise sur le grand fauteuil placé près de la portière.) Le mort
parlera.