ACTE DEUXIÈME
GONZAGUE
Ce fut en m’épousant que madame la princesse déclara son mariage secret, mois légitime, avec le feu duc de Nevers, elle constata en même temps l’existence d’une fille née de cette union. Les preuves écrites manquaient. L’enfant avait disparu la nuit même du meurtre de son père, et le parlement de Paris rendit un arrêt qui suspendait (dans les limites posées par la loi,) mes droits à l’héritage de Nevers. C’était sauvegarder les intérêts de la ieune Blanche de Nevers : c’était justice, mais cet arrêt donnait à la calomnie beau jeu contre moi: un seul obstacle, disait-on, me séparait d’un immense héritage et on me soupçonna d’un crime, oui, d’un crime, (a ta princesse.) On vous a Jit, n’est-ce pas,' madame, que si vous cherchiez en vait^otre fille, que si vos efforts étaient restés inutiles, c’est qu’une main mystérieuse était là dans l’ombre qui donnait le change à vos recherches, égarait vos poursuites. On vous a dit cela?
LA PRINCESSE
On me l’a dit.
GONZAGUE
On vous a dit encore que cette main perfide était celle de votre mari.
LA PR1NCESSB.
On me l’a dit.
GONZAGUE
Et vous l’avez cru?
LA PRINCESSE
Je l’ai cru. (Murmures.)
GONZAGUE
Eh bien, madame, je répondais à toutes ces accusations infâmes par une poursuite plus ardente, plus obstinée que la vôtre. Je cherchais, moi aussi, la fille de Nevers. Je la cherchais avec mon or, avec mon cœur et aujourd’hui...
LA PRINCESSE
Vous venez me dire qu’elle est morte. N’est-ce pas?
GONZAGUE
Aujourd'hui, je viens à vous, qui me méprisez, qui me haïssez, moi qui vous respecte et qui vous aime. Je viens à vous et je vous dis :Ouvrez vos bras, heureuse mère, je vais y mettre votre enfant.
LA PRINCESSE
Mou Cillant! (Mouvement général.)
CIIAVERNV.
Hein 1 J’ai mal entendu 1
GONZAGUE
Voire enfant que vous avez vainement cherchée ctqu’avec l'aide de Dieu j’ai trouvée, moi!...
CIIAVERNY.
Parbleu! voilà une conclusion que je n’atleudais pas. Qu’on
amène ici mademoiselle Blanche de Nevers.
LA PRINCESSE, qui s’est levée.
Ma fille... ma fille... est là, dites-vous?
GONZAGUE. i»*
Oui... - CS
LA PRINCESSE. U
El c’est vous... voue qui me la rendez!... ' . *
GONZAGUE
La voilà!...