‹ Le bossu drame en cinq actes et douze tableauxChapitre 67 sur 129 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

GONZAGUE

Ce fut en m’épousant que madame la princesse déclara son mariage secret, mois légitime, avec le feu duc de Nevers, elle constata en même temps l’existence d’une fille née de cette union. Les preuves écrites manquaient. L’enfant avait disparu la nuit même du meurtre de son père, et le parlement de Paris rendit un arrêt qui suspendait (dans les limites posées par la loi,) mes droits à l’héritage de Nevers. C’était sauvegarder les intérêts de la ieune Blanche de Nevers : c’était justice, mais cet arrêt donnait à la calomnie beau jeu contre moi: un seul obstacle, disait-on, me séparait d’un immense héritage et on me soupçonna d’un crime, oui, d’un crime, (a ta princesse.) On vous a Jit, n’est-ce pas,' madame, que si vous cherchiez en vait^otre fille, que si vos efforts étaient restés inutiles, c’est qu’une main mystérieuse était là dans l’ombre qui donnait le change à vos recherches, égarait vos poursuites. On vous a dit cela?

LA PRINCESSE

On me l’a dit.

GONZAGUE

On vous a dit encore que cette main perfide était celle de votre mari.

LA PR1NCESSB.

On me l’a dit.

GONZAGUE

Et vous l’avez cru?

LA PRINCESSE

Je l’ai cru. (Murmures.)

GONZAGUE

Eh bien, madame, je répondais à toutes ces accusations infâmes par une poursuite plus ardente, plus obstinée que la vôtre. Je cherchais, moi aussi, la fille de Nevers. Je la cherchais avec mon or, avec mon cœur et aujourd’hui...

LA PRINCESSE

Vous venez me dire qu’elle est morte. N’est-ce pas?

GONZAGUE

Aujourd'hui, je viens à vous, qui me méprisez, qui me haïssez, moi qui vous respecte et qui vous aime. Je viens à vous et je vous dis :Ouvrez vos bras, heureuse mère, je vais y mettre votre enfant.

LA PRINCESSE

Mou Cillant! (Mouvement général.)

CIIAVERNV.

Hein 1 J’ai mal entendu 1

GONZAGUE

Voire enfant que vous avez vainement cherchée ctqu’avec l'aide de Dieu j’ai trouvée, moi!...

CIIAVERNY.

Parbleu! voilà une conclusion que je n’atleudais pas. Qu’on

amène ici mademoiselle Blanche de Nevers.

LA PRINCESSE, qui s’est levée.

Ma fille... ma fille... est là, dites-vous?

GONZAGUE. i»*

Oui... - CS

LA PRINCESSE. U

El c’est vous... voue qui me la rendez!... ' . *

GONZAGUE

La voilà!...

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