‹ Le bossu drame en cinq actes et douze tableauxChapitre 76 sur 129 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

l’Espagne, après lanl de dangers et de luttes, il me semblait qu'à ta vue ta mère devait m’ouvrir ses bras et me serrer, tout poudreux encore du voyage, sur son cœur ivre de joie... j’étais heureux... non, j’éùiis fou... à mesure que l’heure approchait, j'ai mesuré la distance qui nous sépare... une mère veut cl doit être obéie, votre mère, justement orgueilleuse de sa race et de son nom... vous ordonnera de m'oublier... et vous m’oublierez.

BLANCHE

Non!. ..non!... Avez-vous calculé la distance pour me protéger, pour me défendre?., est-ce que j’aimerais moins ma mere si elle était pauvre!., non!., je ne lui demanderai que sa tendresse, et s’il me faut la payer au prix de mon amour... oh! Henri, Henri!..

LAGARDÈRE

Vous obéirez.

BLANCHE

Non... je mourrai.

LAGARDÈRE

Blanche, tu viens de tne paver tout ce que j’ai fait pour toi... Vous ne me devez plus rien, mon enfant... vous ne voudrez pas que voire mère puisse soupçonner un moment celui que vous avez cru digne de votre amour, si chaste et si pur... vous ne voudrez pas qu’elle croie à un calcul bas et infâme... vous no voudrez pas qu’elle dise de Lagardère : Cet homme faitmétierde son dévouement!., ma fille est la plus riche héritière de France, et il ne me rend pas ma fille... il me la vend!... Oh! tu ne feras pas cela... Blanche, tu ne feras pas cela, (on trappe à la porte du fond.)

TONIO, revenant A droite.

Ou a frappé, je crois.

LAGARDÈRE

Oui, OUVrC !.. ( Regardant à nne horloge attachée A la mnraille.) Voici l’heure à laquelle on#devqit venir... (Tonio ouvre; une femme, portant déni cartons, entre.) Déposez là Ce qUC VOUS apportez... . (La femme pose ses cartons snr ta table près de Blanche, et sort snr un signe de Lagardère; Tonio la suit.)

TONIO, snr lo seuil do la porte.

Oh! voilà qu’on allume les lampions... oh! Dieu, si on

avait SOUpé... ( H reste snr te senil an dehors.)

LAGARDÈRE

Blanche, ouvrez ces cartons.

BLANCHE, ouvrant.

Une parure !..

LAGARDÈRE

Bien simple... mais le pauvre Lagardère pourra vous donner un joyau plus précieux pour vous que le plus beau diamant de la couronne de France. Ce joyau, ce trésor, le voilà

mon enfant. (Il loi présente le pli cai'heté qu'il tire de sou eein.) Là

dans ce pli et sous ce triple cachet, sont les preuves de votre naissance, preuves incontestables... que vous allez remettre tout à l’heure à votre mère en présence de monseigneur le Régent...

BLANCHE

Oh ! Henri, ce sera vous qui les donnerez...

LAGARDÈRE

Moi ?... sais-je seulement s'il me sera permis de paraitre à vos côtés... je vous l’ai dit, je suis proscrit et pour entrer au palaisduRegent, il faut un sauf-conduit signé du Régent lui-même.

COCARDASSE, bousculant Tonio qui veut l'empêcher d’entrer.

Ah I bagassel je te trouverai donc toujours en travers de mon chemin!... C’est bien ici le n» 7 de la rue du Chantre?..

LAGARDÈRE

Oui... et c’est bien moi qui vous y ai donné rendez-vous, mailre Cocardassc. Maintenant, Tonio, prends ces cartons, iiionlc-lcs chez Blanche (Tonio sort, à Manche.) Quoique souffrante, la bonne Marilana vous aidera à vous habiller... soyez prête avant minuit... c’est l'heure à laquelle votre mère vous attendra. Si à celle heure je n'étais pas venu, cet homme me remplacerait... il vous amènera au Palais-Royal en escortant la chaise à porteurs qui viendra vous chercher à minuit... n’oubliez pas d’apporter le pli cacheté... tout votre avenir, tout votre bonheur est là !...

BLANCHE, h pari.

Mon bonheur!... (Elle aort & droite.)

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