‹ Le bossu drame en cinq actes et douze tableauxChapitre 75 sur 129 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

BLANCHE, se remettant îi écrire, puis LAGARDÈRE.

BLANCHE

Ma mère... il m’a dit que Dieu m’avait gardé le trésor de votre tendresse... il m’a dit qu’un jour et par lui vous me seriez rendue... Depuis ce temps, je vous vois dans tous mes rêves... vous êtes dans toutes mes prières... il me semble que vous devez savoir tout ce que je pense... et quand vous lirez ces pages écrites pour yous pendant mes heures

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de solitude vous connaîtrez mon cœur, qui n’aura pas gardé un secret pour vous, ma mère!... Je suis ici plus seule encore qu’à Ségovie... mon ami est presque toujours dehors... Il vous cherche peut-être... mais |»ourquoi, lorsqu’il touche au but de sa vie, est-il plus triste et plus silencieux? Ohl vous l'aimerez, n’ost-cepas, ma mère, vous l'aimerez, car...

(ici Lagardère descend doucement l'escalier, et sans être entendu de nianrlie, arrive derrière elle. Lagardère porte un habit do gentilhomme simple et sdrère. — Continuant, sans voir Lagardère. ) Il a donné pour

moi sa vie... il m’a sauvée!... Sans lui, quo serais-je?... un peu de poussière au fond d'une pauvre petite tombe!... et quelle mère, fût-elle duchesse ou cousine de roi, quelle mère ne serait orgueilleuse d’avoir pour fils le chevalier Henri de Lagardère, le plus brave, le plus fier, le plus généreux des hommes... Quel que soit le nom que la naissance vous ait donné, Lagardère sera digne déco uom... Si j 'étais entre vous et lui... Ohl j’aurais toutes les joies du ciel 1 . .. A demain! ma mère bien-aimee, à demain!...

LAGARDÈRE, doucement et tristement.

Non... Blanche, pas à demain... à ce soir; car ce soir, vous embrasserez votre mère...

BLANCHE, avec joie.

Ce soirl...

LAGARDÈRE

Je l’ai vue tout à l’heure... elle a gardé saintement dans son âme le souvenir de votre père... Elle vous aimera comme elle l’aimait... elle vous fera heureuse, mon enfant... Mais il faut déchirer ce que vous venez d’écrire... il faudra ne jamais parler de moi à votre tnère...ii faudra m’oublier quand vous serez dans ses bras...

BLANCHE

Vous oublier, vous... Henri !...

LAGABDÈRE.

Oui. ..comme j’oublierai, moi, un rêve insensé... Votre mère est une grande dame... une très-grande dame... moi, je ne suis qu’un pauvre gentilhomme... Et qu’est-ce que mon nom?., il me vient de murailles ruinées où j’abritais mes nuits d’enfant orphelin... Dieu m'est témoin que je n’ai plus qu’une pensée... rendre à la mère le dépôt sacré que le père m’a confié...

Henri... vous no m’aimez donc plus?..

LAGARDÈRE

Ah! Blanche, no m’ôte ni inon courage ni ina raison. Nous avions bâti sur le sable... un souille a sulîi pour renverser le l'rclo édifice de mon espoir... Quand j’ai quitte

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