‹ Le BotanisteChapitre 1 sur 29 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La publication de cette neuvième série ayant subi un certain retard, les lecteurs du Botaniste ont dû penser que notre activité scientifique s'était ralentie ou que la maladie était venue interrompre nos recherches.

Il n'en est heureusement rien : nous continuons à consacrer le temps dont nous disposons en dehors de notre enseignement aux études qui nous sont chères, et les notes s'accumulent sur notre table de travail.

Nous avions entrepris un mémoire d'ensemble sur le mode de division du noyau chez les Protozoaires et les Protophytes. Les communications préliminaires qui sont intercalées dans ce fascicule permettent déjà d'entrevoir l'intérêt très grand qui s'attache à ce sujet au point de vue de l'évolution, de la biologie générale et des théories de la karyokinèse et du développement. La partie inédite a aussi son importance : pour n'en citer qu'un exemple, nous dirons que la mitose des Cryptomonadinées, suivie dans tous ses détails pendant les vacances de 1901, offre un type nettement caractérisé et différent de la téléomitose ordinaire. Ces observations devaient constituer notre neuvième série : il ne restait qu'à établir la rédaction définitive et à compléter la bibliographie, lorsqu'une nouvelle parue dans les Comptes Rendus modifia brusquement nos projets.

L'Académie des sciences proposait au concours de 1903

6 P.-A. DANGEARD

pour le grand prix des sciences physiques et naturelles le sujet suivant : La sexualité chez les Champignons supérieurs.

Nous n'avons pas eu la douce illusion de croire que, pour obtenir le prix, il suffirait seulement de présenter les nombreux mémoires que nous avons publiés sur ce sujet depuis une dizaine d'années. Nous n'ignorons pas que si beaucoup acceptent nos découvertes et les enseignent, quelques-uns restent dans l'expectative, alors que d'autres , sans méconnaître les résultats acquis à la science, préfèrent adopter les idées du professeur Harper.

Si Harper avait vu nettement et d'une façon certaine ce qu'il décrit, nous serions le premier à reconnaître la valeur de ses objections. Ce savant prétend avoir constaté une première fusion de noyaux au début du périthèce chez \e SphœrothecsL Castagnei (1) ; nous avons donné la preuve que cette fusion ne se produit pas (2).

Harper, loin de reconnaître son erreur, va de Tavant et cherche de nouveaux arguments contre notre théorie. Dans un inémoire sur le Pyronema confluens^ il annonce avoir découvert des fusions nucléaires entre les noyaux de l'anthéridie et ceux de l'oogone (3). Barker, entraîné par son bon exemple, suppose que des conjugaisons analogues se produisent dans le genre Monascus (4).

D'après cela, la véritable fécondation, chez les Ascoraycètes, aurait lieu à la naissance du périthèce et non à la formation de l'asque ; les phénomènes de karyogamie que nous avons signalés dans l'asque et la baside, cons^

(1) Harper : Die Enlv. bei « Sphœrotheca » Castagnei (Ber. d. deut. bot. GeselL, Bd. XIII).

(2) P. A. DaDgeard : Second Mémoire sur la reproduction sexuelle des Ascomycètes (Le Botaniste, série Y).

(3) Harper : Sexual Reproduction in Pyronema confluens (Ânn. of Bot., t. V, p. 14).

(4) Barker : The Morph, and DevcL in Monascus (Ann. Bot.,vol. XVII).

Page 1