SCÈNE PREMIÈRE
MADAME BLANQUET, puis GAUTR1N.
MADAME BI.ANQUET, en train Je ranger les verres.
Voyez un peu si c’itc petile fille en finira de revenir du marché !... Encore à flâner, à jacasser, je l’gagerais.
GAUTRIN, * entrant par le fond cl parlant à la contoi aile, il tient un grand poitefeuillc.
Oui, oui... conduis mon cheval à l’écurie.
MADAME BLANQUET
Tiens ! c’est monsieur Gautrin, le notaire de Bayeux !
GAUTRIN.
-Bonjour, mère Blanquet! Et la santé, et les affaires?
Ça boulotte, merci ! Vous v’ià donc par eheux nous à c'matin!
GAUTRIN.
Oui, je viens dresser un inventaire chez Cabassol, le maréchal-ferrant, qui vend sa maison... Et, en passant devant votre auberge, je suis entré pour faire manger l’avoine à mon che-
* Gautrin, madame Blanquet.
val... cl me rafraîchir... Car il fait, sur la grande route, une chaleur... à cuire un garde-champêtre !
MADAME BLANQUET
Qu’est-ce que j' vas vous servir, monsieur Gautrin !
GAUTRIN, s’asseyant à la table de gauche.
Un verre de cidre... vivement, sur le pouce.
MADAME BLANQUET, s’empressant de lui apporter une carafe de cidre et un verre.
Voilà, M’sieu Gautrin, voilà.
GAUTRIN, se versant et buvant.
Ah ça! et vous, mère Blanquet, n’aurez-vous pas bientôt recours à mon ministère?
MADAME BLANQUET
A vot’ ministère !... Et pourquoi?
GAUTRIN.
Mais pour dresser un contrat. Est-ce que vous ne songez pas à marier votre ûlle, la jolie Denise?
MADAME BLANQUET
Ah ! ne m’en parlez pas ! C’tte jeunesse n’en ûnit point de s’ décider.
GAUTRIN.
Ah bah I... mais elle est pourtant d’âge à prendre un mari... Et avec ça, gentille comme elle est, elle no doit pas manquer d’adorateurs.
MADAME BLANQUET
Pardine I non, qu’elle n’en manque point !... El tenez, en v’ià déjà un I...
(Cabassol chantonne en dehors).
GAUTRIN.
Cabassol I