SCÈNE II
LES MÊMES, CABASSOL*, en costume de travail.
CABASSOL, entrant par le fond.
Air : du Vaudeville de Toinon la serrurière.
Chaque matin, on surprend Le pauvre maréchal ferrant
' Gautrin, Cabassol, madame Blanquet. ,
Se présentant avec ardeur A la porte d’un petit cœur.
Vu son état, il frappe, tape.
Tape, cogne, tape, frappe,
Mais, c’est ben vainement, qu’il frappe,
Et refrappe !
GAUTRIN, sc levant.
Courage ! On finira peut-être par ouvrir, maître Cabassol !
CABASSOL
Tiens ! monsieur Gautrin ! comment vous v'ià ici, quand j' vous attends cheux nous ?
GAUTRIN.
Minute donc, maréchal! Vous n’êtes pas si pressé... Voyons, vous prendrez bien un verre de cidre. (Il se rassied.)
CABASSOL
C’est pas de r’fus, car l'enclume et l’amour, ça vous altère fièrement un homme... Ah ! oui !
GAUTRIN.
Mère Blanquet, un verre?
MADAME BLANQUET
Voilà ! Voilà ! (Elle apporte un verre.)
Salut, m'ame Blanquet !... Eh ben ! voyons à quand la noce ?
MADAME BLANQUET
Ah I dame, mon garçon, faut demander ça à Denise.
CABASSOL
Mats v’ià pus d’ six mois que j’ lui demande... Et que j’ languis, et que j’ dessèche... (Prenant son verre.) A vol’ santé I (il s'assied en face de Gautrin et boit.) Tout ça, c’est pas des raisons!... faudra pourtant voir à en finir...
MADAME BLANQUET
Je n’demande pas mieux ; mais qué qu’ tu veux! Je n'peux point la forcer, après lout c’ttn fille !...