LU PEAU
Eh ben !... deux mille francs...
• PIERRE
Deux mille francs !...
DENISE, bas.
Refusez encore !
PIERRE
Oh!... oh !... c'est encore bien peu !
LUPEAU.
llélasî Seigneur!... Allons, tiens... je n’veux point marchander avec té... j’irai jusqu’à trois mille.
PIERRE, presque décidé.
Trois mille francs !...
LUPEAU.
Tope-là ! ,
DENISE *, passant entre eux.
Allons donc !... ça vaut mieux que ça !
LUPEAU.
Mieux que ça ?
DENISE
Certainement!... à cause du tracé du chemin de fer qui doit passer par le jardin... y aura une indemnité.
PIERRE
Une indemnité ?
LUPEAU, interdit.
Ah ! malheur !... vous savez ça, la Denise?
DENISE
Pardine !... et vous aussi !... j’ai entendu parler de la chose ce matin, au marché, par lus employés du cadastre.
I LUPEAU, à part.
La matoise !... j’suis pris !
DENISE
Ça vaut six mille francs.
LUPEAU, à part.
Ell’m’égorgc ! (Haut.) Est-c’que t’es folle, petiote ? PIERRE, s’exclamant.
Six mille francs !...
DENISE
Pas un centime de moins !
■ Pierre, Denise, Lupeau.
LUPEAU.
Eh U... ben... voyons... puisqu'y faut absolument en passer par là... je les donne.
PIERRE, avec joie.
Tu les donnes ?
LUPEAU.
Contre la remise de l’acte de vente.
DENISE
C’estr trop juste !
LUPEAU.
J’vas chercher l’argent... (il remonte.)
PIERRE *
Val...
LUPEAU **, revenant au milieu.
Ah ça ! dis donc, c'est marché fait?... N'vas pas t’dédire !...
PIERRE
Sois tranquille ! je n’en ai pas envie !
LUPEAU.
Eh ben ! lope-ln... T’as ma parole... j’ai la tienne.. .Au revoir; cousin !...
(•1 sort par le fonJ.)