‹ Le bouclier d'arèsChapitre 17 sur 26 · LES SUPPLICES · texte numérisé non relu

LES SUPPLICES

Les larges coutelas et les minces couteaux, Férocement luisants, rayés d'éclairs brutaux, Savamment effilés pour les lentes tortures, Ont le fil ébréché d'atroces dentelures, Pour mieux scier les chairs et détacher les peaux, Et, découper, avec d'effroyables repos.

Longuement, en faisant, dans l'ombre inassouvie, Vaciller, sans l'éteindre, une flamme de vie. Jusqu'au dernier lambeau de leurs muscles détruits, Les ventres convulsifs ouverts comme des fruits.

Les tenailles, dont les mâchoires recourbées

Bâillent, ressemblent à d'odieux scarabées,

Et miroitent à l'air d'un éclat singulier.

Ce tas d'airains luisants est l'atroce atelier

Où l'on forge l'horreur des souffrances hurlantes,

Où l'affreux patient, fou de tortures lentes,

Appelle le trépas qui vient, à pas tardifs,

Arracher l'âme au fond des corps écorchés vifs,

Comme du cœur lépreux d'une infâme blessure

Un fer tout dégouttant d'abjecte pourriture;

Où s'exhale la vie en un rugissement.

De joie, où la douleur est un enfantement,

Où des corps dépecés que roidit l'agonie,

Des intestins fouillés, écaillés de sanie.

Et des nerfs écrasés sous les ongles vibrants,

S'évade, avec des cris d'angoisse déchirants,

La dernière lueur de ce qui fut un être.

Comme des dogues noirs guettant le front du maître, Cette meute demeure immobile, épiant De Shin-Akhé-Irib le silence effrayant.

Et les grands parasols frissonnent sur sa tête.

Mais voici ce qu'au Roi d'Asshour dit le Prophète

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