‹ Le bouclier d'arèsChapitre 16 sur 26 · LES BOURREAUX · texte numérisé non relu

LES BOURREAUX

Sans que l'on ait ouï le fer froissé bruire,

Hors des rangs entr'ouverts silencieusement

Des hommes sont sortis, et, sous le firmament.

Ils se tiennent debout dans leur nudité rouge :

Et sur leurs bras noueux nulle fibre ne bouge.

Leurs poignets de géants semblent d'horribles gonds.

Et leur face, brûlée au reflet des charbons.

Qu'une ride féroce orgueilleusement barre,

Mufle brutal sculpté dans un métal barbare.

Est terrible, et semblable aux faces des taureaux.

Leur front est sans pensée.

Et ce sont les bourreaux.

La stupidité lâche emplit leurs yeux obscènes, Comme un rayon glissant sur les fanges malsaines. Des esclaves du Sud, plus vils que le chien vil Accroupi dans Tordure infâme du chenil, Sont debout derrière eux, et leurs mains hébétées Traînent, avec effort, sur les dalles sculptées, Où le soleil, saignant dans les airs corrompus, Fait mieux étinceler sur leurs membres trapus Les plaques de métal et les bracelets lisses.

L'abominable et lourd appareil des supplices.

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