‹ Le bouclier d'arèsChapitre 9 sur 26 · L'EXALTATION SACERDOTALE · texte numérisé non relu

L'EXALTATION SACERDOTALE

LES HFERODOULES.

Mais voici qu'au sommet des tours quadrangulaircs, Sur les hauts parapets arquant leurs reins cambrés. Avec leurs mitres d'or aux lourdes jugulaires Et de légers réseaux sur leurs torses ambrés,

Les filles de Kaldée et les filles d'Arbellcs, Sous l'œil des bleus ramiers chers à Shammouramit, Livrant au vent l'éclat de leurs gorges rebelles, Apparaissent debout dans l'azur qui frémit :

Joueuses de kinnor, joueuses de sambuques.

Prêtresses de Babel aux lèvres de carmin.

Que, de leur rose orteil au cuivre de leurs nuques, Voilent de longs cheveux doux comme le jasmin,

Avec leurs profils courts sculptés dans les chairs mates, Leur regard irréel et cerné par le fard.

Leurs membres onctueux imprégnés d'aromates.

Leur bouche ivre d'amour, de lumière et de nard;

Qui déroulent le soir, hurlantes et lascives, Les danses de Tammouz dans les jardins royaux, Et, sur leurs fronts cerclés de tiares massives. Font tinter les shekels et les pesants joyaux.

La chaude volupté descend en longs effluves Aux palpitations de leurs cils alourdis.

Les créneaux de Nimroud fument comme des cuves Dans la torpeur du jour et des cieux engourdis;

Pendant que le rayon qui joue entre les trames Fait, dans chaque embrasure efl'rayante, fleurir, Comme un lys somptueux, un doux groupe de femmes.

Et jusqu'aux pieds du Roi leur hymne vint mourir.

L'HYMNE A ISHTAR

Quand Asshour tout entier dans les plis de ta gloire Frissonne, comme un fleuve où le tigre vient boire, Ishtar ! vers ton mystère infini nous crions ; Et ton orteil, dont Tongle est une perle rose.

Divine fleur, se pose Sur la croupe formidable des noirs lions.

Quand sur Nimroud, ourlé de Tor crépusculaire, Tu descends, lumineuse, et que sous toi s'éclaire La blanche nudité des dômes de Sargon, Dans la céleste nuit d'hécatombes fumante,

Toi, l'immortelle Amante Du géant Isdoubar qui vainquit le Dragon,

Ton pâle diadème est fait d'étoiles doubles, |

O Zarpanit! dormeuse équivoque, qui troubles. Comme les eaux des lacs, et les reins et les sens, Qui mêles, en Teffluve inquiet des terrasses.

L'odeur des plantes grasses.

Les senteurs de la faune et l'âme de l'encens.

Tu fais, dans la torpeur des calices nocturnes,

En tes temples trapus, fumants comme des urnes.

Bâiller les grands lotos des fûts épanouis.

Et tu confonds, dans l'ombre où flottent leurs arômes,

Ainsi que des fantômes, Les couples enlacés des dieux évanouis.

En ta robe rigide aux plis hiératiques. Tu foules le croissant dont les cornes mystiques Veillent sur l'Ourartou par les démons hanté Et l'orgueil douloureux des voluptés stériles

Traîne en odeurs subtiles Sur le muet sommeil du monde épouvanté.

Des générations dormant dans le suaire

Tu fermes à jamais l'immobile ossuaire,

Et tu scelles les morts dans les cercueils d'étain ;

Mais en tes reins féconds bouillonne, fleuve immense.

L'éternelle semence De la vie à venir qui jamais ne s'éteint.

Les germes, par milliers, du fond de la substance. En tes flancs maternels montent à l'existence, D'une ascension lente et d'un vol continu.

La palpitation de leurs millions d'ailes.

Dans les brises fidèles, Épand l'obscur vertige et le charme inconnu.

Sous tes pieds, ô Déesse ! au ciel des nuits sereines. Entends vibrer, avec les souffles des haleines. Des cimes de l'aurore aux flancs du Libanon, Le chœur universel des choses et des êtres.

Et, comme d'anciens prêtres, Les cèdres orageux s'incliner à ton nom.

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