‹ Le Bouclier et les méthodes nouvelles de percement des souterrainsChapitre 11 sur 67 · IM · texte numérisé non relu

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Fig. 91. — Coupe longitudinale du bouclier elliptique.

1^760 m., la queue 1,920 m., soit en tout 5,480 m. L'enveloppe descendait jusqu'au niveau des naissances; elle était formée d'une tôle d'acier de d8 mm. d'épaisseur, doublée d'une deuxième tôle sur presque toute sa longueur sauf dans l'avant-bec dont le talon et le couteau étaient seuls renforcés ; 2 poutres elliptiques de 300 mm. de hauteur, distantes de 980 mm. d'axe en axe étaient l'élément principal de la résistance ; ces poutres se composaient d'un fer plat et de 4 cornières rivées, d'une part, à l'enveloppe extérieure, d'autre part, aune seconde tôle de d5 mm. d'épaisseur et de 1,200 m. de longueur formant intrados ; entre leurs pieds 2 fers en U de 200 mm. faisaient fonction de tirants et portaient

le plancher inférieur ; un deuxième élément de résistance était fourni par les tôles et cornières d^assemblagc des 3 morceaux dont se composait Tarmature entière.

L*avant-bec taillé en forme de visière était soutenu par 6 consoles et renforcé presque à son extrémité par un fer en U transversal. Dans le corps même les deux poutres principales de rigidité

Fig. 92. — Coupe transversale dans la queue du bouclier elliptique.

étaient réunies sur leur hauteur par 6 entretoises; la queue enfin coupée carrément en porte à faux sur 1,200 m. était renforcée en son talon par 6 consoles de 7,20 m. de longueur descendant jusqu'à la tôle intérieure.

Deux poutres longitudinales inférieures de 25 cm. de hauteur répartissaient la pression sur les appuis.

La hauteur totale de Tarmature était de 2,00 m., sa largeur intérieure de 4,92 m.

Appui. — Sur le sol on plaçait latéralement 4 madriers parallèles à Taxe de l'ouvrage et transversalement à eux des poutrelles de 23/25 cm d'équarrissage espacées de 1 m. ; le bouclier glissait là-dessus par Tintermédiaire d'une semelle A à talon

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Fig. 93. — Détails des appuis.

intérieur (fig. 93) et de rails longitudinaux B de 1 m. de Jongueur assemblés à mi -épaisseur.

La distance d axe en axe des rails était de 4,500 m. ; le plan de glissement était d'ailleurs à peu près au niveau des naissances.

Vérins, machinerie. — Les presses au nombre de 6 étaient fixées sous les poutres maîtresses et uniformément réparties sur le pourtour de la section. Leur longueur étaitde 1,75m., les pistons avaient un diamètre de 170 mm. et une course de 1,03 m. correspondant à Tintervalle de 2 cintres consécutifs ; les vérins de rappel étaient logés au centre des appareils principaux.

Pour une pression de 200 kg. par centimètre carré chaque vérin développait un effort de 57,8 t., soit 346,8 t. pour l'ensemble des six.

La pompe et la dynamo motrice qui marchait sous une tension de 110 volts étaient placées sur le plancher inférieur. Tune à gauche, Tautre à droite.

Appui des vérins. — On coiffait la tête de chaque vérin d'un manchon cylindrique de 370 mm. de longueur terminé par une pièce de bois dur de 180 mm. de diamètre et 345 mm. de longueur. Au moment de la progression, tous ces butons arrondis à leur extrémité venaient se loger dans des coupelles en fonte suspendues au droit de leurs axes à une ferme d'appui.

La ferme d'appui était en chêne, elle avait 230 mm. d'épaisseur et coiffait le dernier cintre posé, mais ne portait, par une plaque de tôle, que contre les couchis et non contre le cintre luimême.

Cintres et couchis. — Les cintres étaient en bois, au nombre

de 20, espacés de i m. d*axe en axe et reliés les uns aux autres par 3 tirants en fer boulonnés. Chaque cintre était formé de 3 madriers de 60 mm. découpés en 4 ou 5 vaux de 25 cm. de joue; les couchis avaient 120 mm. d'épaisseur et 220 mm. de largeur.

Fonctionnement. — Quand les mineurs du front d'attaque avaient suffisamment dégagé le terrain on poussait Tarmature en avant en mettant Teau sous les presses. Une course entière comprenait :

1^ La descente de la ferme d*appui formée de 2 morceaux ;

2** L'enlèvement à l'arrière des rails de glissement ;

3** La pose du cintre en bois ;

4** L'exécution de la maçonnerie sous la tôle de la queue ;

»> Le déblai à l'avancement pour l'emplacement de la semelle d appui ;

f)** Le réglage et la pose de la semelle dans la bonne direction et de niveau ;

7** Le placement des rails de glissement ;

8^ La mise en marche successive de la dynamo, des pompes et dos presses et la pose des coupelles de fonte pour recevoir les calottes des butées des vérins.

La pression effective varia entre 30 et 150 kg. par centimètre carré, correspondant à des efiforts totaux de 50 à 260 tonnes ; le plus souvent 200 tonnes suffisaient amplement, et l'anneau de la calotte était maçonné en une seule fois.

En raison de la faible profondeur de l'armature au-dessous de la chaussée, on effectuait parfois les injections de remplissage non de l'intérieur de l'ouvrage mais de l'extérieur par lui sondage.

L'appareil devait décrire des courbes d'un rayon inférieur à 70 m. C'est pour cette raison que le constructeur l'avait constitué de trois parties se recouvrant mutuellement ; il proposait de le plier avec des vérins suivant le tracé à effectuer après avoir desserré les boulons d'attache, il espérait pouvoir ainsi tourner suivant un très petit rayon.

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Enlèvement des déblais, piédroits. — ^ Les déblais chargés en wagon étaient conduits sur les quais de la Seine en suivant une galerie creusée à cet efifet ; de là ils étaient jetés dans des bateaux ; la traction était faite par des manœuvres ; en raison d'ailleurs de la pente générale vers le fleuve, Tefifort à faire était peu considérable.

Les piédroits et le radier repris en sous-œuvre étaient exécutés après coup par anneaux de 2 m. de longueur. La maçonnerie était en meulière hourdée avec mortier de ciment de Portland dosé à 350 kg. par mètre cube de sable.

Equipes. — Le chantier comprenait :

1 chef mineur, 3 mineurs, 3 terrassiers occupés à Tabatage et au chargement des déblais ;

6 manœuvres pour le roulage (le nombre de ces manœuvres variait suivant la longueur du chantier), 1 manœuvre pour l'approvisionnement des matériaux ;

2 maçons et 2 garçons construisaient le revêtement.

A l'arrière, 10 terrassiers et 4 mineurs travaillaient à Tabatagedu stross et à la reprise en sous-œuvre des piédroits et du radier que maçonnaient 4 maçons aidés de 5 garçons.

Montage, essais. — Le bouclier fut monté en septembre 4898, au point 1 136,25, en face le n"" 5 de la rue de Solférino au fond d'une fouille boisée de 7 m. de largeur, 7,80 m. de longueur et 3,50 m. de hauteur ; le commencement du mois de novembre fut employé aux essais ; la mise en marche réelle eut lieu vers le 10 ; le 19 il y avait déjà 24,50 m. de faits.

Tracé en plan et profil. — Dans la partie suivie par le bouclier, le tracé présentait en profil, une rampe uniforme de 0,275 mm. par mètre (voy. fig. 90).

En plan (fig. 94), après un alignement droit de 65 m. on rencontrait une courbe de 200 m. de rayon, puis une courbe et une contre-courbe de 70 m. et 80 m, de rayon pour tourner sous le boulevard Saint-Germain et sur le reste du parcours un alignement droit.

Terrains rencontrés. — Le terrain traversé se composait principalement de remblais ; on rencontra quelques bancs de calcaire

Fig. 94. — Plan du collecteur (chantier Solférino).

tendre facilement brisé par la pioche ; au-dessous régnait une couche de marne. On ne trouva jamais Teau; on fut en revanche fréquemment arrêté par d'anciennes maçonneries très résistantes.

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Vitesse. — Mise en marche le 5 novembre Tarmature fonctionna jusqu'au l*'*mars; pendant ces 115 jours elle parcourut 286,50 m., elle progressa donc avec une vitesse moyenne de 2,50 m. par jour(flg. 95) ; son plus grand parcours hebdomadaire fut de 31 m., correspondant à une vitesse quotidienne de 4,40 m. ; son plus petit de 6 m. soit 0,80 par jour.

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Kov.iBM Dec. Janv.ia99

Fév. Mars

Fig. 95. — Diagramme de marche du bouclier Solférino.

En général on faisait 3 courses par 24 heures ; à la fin, après avoir dépassé la rue de Bellechasse on fit même souvent 4 courses.

Incidents. — Dans la courbe de 200 m. de rayon au point 1061,03, on rencontra à angle droit le collecteur bas qui suit la rue de TUniversité; ce collecteur a 2,10 m. de largeur; pour le franchir (fig. 96, 97, 98) on lança deux poutres en chêne super-

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posées de 40/40 cm d'équarrissage qui servirent à porter les poutrelles d^appui du bouclier.

A droite on longeait un mur parallèle à la marche ; pour éviter nu*' Farmature poussée sur la gauche ne déviât de sa direction on eulu fortement les rails et les solives par des étrésillons résistants. Plus loin au passage d un égout type 10 rencontré en sifflet les coiichis non chargés flambèrent, il fallut les élayer.

Pig. n.

Franchissement du collecteur de TUniversité. Coupe longitudinale sur Taxe du collecteur de Biëvre.

Le raccordement avec le boulevard Saint-Germain devait se faire par une courbe de 70 m. de rayon et une contre-courbe de 80 m. ; on ne désarticula pas Tarmature, il aurait fallu trois jours pour en effectuer le démontage et mouvoir les trois parties 1rs unes par rapport aux autres, on craignit d'ailleurs de raiïaililir sans arriver à de bons résultats ; on réussit néanmoins à loin ner avec un rayon de 63 m. ce qui permit de retrouver

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raligncment droit par une contre-courbe de 70 m. de rayon seulement au coin de la rue de Bellechasse.

Pour regagner la différence de longueur développée des deux parois convexe et concave de Touvrage on intercalait entre les

Fig. 97. — Franchisseraent du collecteur de TUniversité. Plan du plancher.

rails des coins en chône et entre les cintres et la ferme mobile une fourrure en chône régulièrement amincie de l'extérieur à Tinté-

Fig. 98. — Franchissement du collecteur de l'Université. Coupe du plancher transversalement au collecteur de Bièvre.

rieur. Comme les vérins n'avaient que 1,03 m. de course il fallait allonger aussi les manchons d'appui.

i08 LE BOUCLIER

Il n'y eut pas en général de mouvements dans la chaussée : quand un vide se révélait entre la maçonnerie et le terrain on y enfonçait des planches qui restaient emprisonnées. Pourtant on passa très près du sol, si près qu'en certains points la proximité du pavage empêcha de donner au revêtement son épaisseur normale.

Conclusion. — Le bouclier rencontra le chantier de constiniction sur bois près de la rue Saint-Dominique au point 833,35, exactement à la position voulue, en hauteur et en plan. Il était encore en très bon état, n'ayant subi ni avaries, ni réparations ; il fut démonté entièrement, la tôle seule resta emprisonnée dans le revêtement ; la ferme d'appui n'était pas endommagée, mais les cintres étaient fort abîmés ; ils fléchissaient tellement sous le poids des maçonneries qu'on était contraint de les étayer.

En résumé l'armature se comporta très bien ; étant donné qu'on ne s'en servit pas, sa division en trois parties indépendantes était inutile ; elle l'alourdissait et l'encombrait sans profit ; c'est avec une juste raison d'ailleurs, qu'on craignit un échec, l'obliquité des efiforts aurait fatigué d'autant plus l'appareil qu'il aurait perdu par la désarticulation beaucoup de sa rigidité.

L'appui sur les couchis était une excellente idée qui dans le cas présent réussit parfaitement. En raison de leur très grande surface de frottement et de la charge qu'ils supportaient ils n'avaient que peu de tendances à reculer sous l'effort des presses ; et la maçonnerie était dans de bonnes conditions de prise, les cintres restant immobiles ; quoiqu'on n'ait pas constaté de fissures dans le revêtement, il est toutefois probable qu'en raison de leur élasticité propre les couchis se comprimaient un peu, puis revenaient à leur position primitive dès que les vérins cessaient d'agir.

La course des vérins était un peu trop faible ; quelques centimètres de plus eussent fait gagner du temps en évitant l'emploi de cales dans les courbes de petit rayon.

Enfin la pompe et la dynamo très encombrantes rendaient difficile la vérification du tracé suivi , il fallait ou faire des emprunts, à cause du peu de champ de visée ou effectuer des sondages directs au travers de la chaussée.

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