V. unes des autres. Les re
fouloirs rectangulaires s'engageaient dans ces cases (fig. 211) pendant le fonctionnement des vérins; ils en démasquaient l'ouverture quand les pistons étaient à fond de cylindre, dans leur position de repos. Quand l'avancement était suffisamment préparé, on remplissait les cases de béton, et on mettait les presses en fonctionnement ; les vérins comprimaient le béton jusqu'au refus, puis prenant appui sur lui poussaient Tarmature de un mètre en avant; à l'arrière, le cintre se déplaçait d'autant; la prise du revêtement était à ce moment suffisante pour permettre le décintrement d'un anneau.
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Fig. 211. — Appui des vérins (au début de la course et à mi-course).
Installations générales. — Un transporteur à hélice actionné par une dynamo devait déverser les déblais dans des wagonnets à l'arrière de l'appareil.
L'énergie nécessaire à la marche du chantier était fournie par une dynamo génératrice placée à 500 m. de l'origine du souterrain.
Essais. — L'appareil commencé dans les premiers mois de Tannée 1898 devait être prêta fonctionner au mois de juin de la môme année ; mais par suite de retards incompréhensibles, ce ne fut qu'à la fin d'août qu*on l'amena à la Salamandre, à Thectomètre 90, au fond d'une tranchée de 4,10 m. de profondeur seulement.
Le montage, Tinstallation des pompes et de la tuyauterie, les essais des vérins demandèrent plus d'un mois et demi ; on ne fit le premier essai de l'engin que le 18 octobre, après avoir enveloppé les cintres de béton.
L'échec fut complet : le bouclier refusa d'avancer, quoique la pression montât à 320 atmosphères. On essaya de remplacer le remblai par un massif de maçonnerie pour se rapprocher le plus possible de la situation où se trouverait l'appareil quand il serait engagé en plein souterrain : le résultat resta le même ; sous l'effort des 3 vérins du haut, la maçonnerie de béton exécutée à la main sur les cintres se comprima au point de se fissurer et même de se soulever ; mais le bouclier ne bougea point.
On pensa alors que le revêtement adhérait fortement au cintre et s'opposait ainsi à son mouvement, on le démolit et on le remplaça par des pièces de bois pour faire la butée des vérins ; les cases du haut furent fermées par du bois et remplies de béton ; l'essai ne fut pas plus heureux ; les pièces de bois fléchirent ou cédèrent, laissant les seuls vérins du haut travailler.
On refit la maçonnerie sur les cintres, en ayant soin d'interposer un papier goudronné pour éviter l'adhérence du ciment sur l'acier, et dans chaque case on plaça une pièce de bois ; cette fois l'engin s'ébranla et parcourut 25 cm., mais dès qu'on eut remplacé le bois par du béton, malgré l'emploi d'une très haute
pression, le démarrage redevint impossible : les tuyaux crevèrent, les vérins, trop forcés, furent mis hors de service ; comme dans un essai précédent, les 3 vérins du haut fissuraient et soulevaient la voûte à Tarrière ; jusqu'à la fin de leur course, ils refoulaient le béton devant eux sans provoquer l'avancement du bouclier; le béton ainsi repoussé prenait la place de la maçonnerie soulevée.
On répara les avaries, on remit les vérins en état; on enleva la moitié du cintre et on remplaça le béton par de la maçonnerie de moellons Ifruts ; on parvint à parcourir de la sorte 7 m., par courses d'environ 0,30 m. ; mais on dut s'arrêter, car la longueur du cintre était trop faible pour permettre une prise suffisante du mortier de ciment de Portland : la voûte à peine décintrée s'écroulait. De plus, il fallait faire monter la pression à 280 et môme 300 atmosphères : les moellons calcaires étaient écrasés.
Ces essais durèrent jusqu'au 30 novembre. A cette époque on résolut de supprimer encore un anneau du cintre, ce qui obligea à modifier Tinstallation des pompes et de la dynamo dans l'intérieur du bouclier. Ce travail fut terminé le 9 janvier.
On recommença les essais avec emploi de la maçonnerie de moellons bruts et on obtint les mêmes résultats que précédemment, quoique le bouclier ait eu à traîner une moins grande longueur de cintre. En 6 refoulées on fit 1,60 m.; le manomètre marquait 300 atmosphères et la maçonnerie s'écrasait.
Sans se décourager, les entrepreneurs résolurent de placer l'engin au fond d'une tranchée de 6,50 m. de profondeur pour empêcher la maçonnerie de se soulever et réaliser une résistance identique sur tout le périmètre de l'armature.
L'opération dura du 10 janvier au 18 mars; le bouclier se trouva alors placé à l'hectomètre 723.
Du 8 au 30 mars, les essais reprirent; on employa des cintres mobiles en tôle, et dans chaque case on logea un moellon artificiel en béton de ciment de Portland noyé dans le béton frais.; l'avancement se produisit correspondant à la longueur du corps dur. On fit ainsi 3 m. Mais la haute pression nécessaire à la marche fissurait la maçonnerie contre laquelle on prenait appui ;
Fig. 212. -— Retour aux anciens procédés, galerie boisée.
de plus, les cintres indépendants les uns des autres ne présentaient plus une rigidité suffisante : ils se déformaient.
En présence de ces échecs répétés, pressés en outre par le temps, les entrepreneurs abandonnèrent le bouclier et reprirent les procédés ordinaires.
On creusait une galerie boisée de 2,54 m. de largeur et de hauteur à peu près égale (fig. 212) ; on achevait Tabatage latéral; on boisait le ciel ; sur les cadres on plaçait les vaux constituant les éléments du cintre et on maçonnait.
L'avancement moyen fut de 1,50 m. par poste de 8 heures, soit un total de 3 m. par jour.
Conclusions. — Le constructeur avait espéré prendre appui sur le béton du revêtement comprimé entre l'armature et les cintres ; ceux-ci, afin d'éviter les manœuvres et les pertes de temps du montage et du démontage, étaient solidarisés avec l'engin luimême ; les vérins devaient pousser tout l'ensemble en avant.
Il y avait là une double erreur.
Le béton tassé, bourré, entre les deux tôles exerçait sur elles un effort considérable; outre Tadhérence naturelle du ciment et du fer, le frottement devait s'opposer à tout glissement des surfaces en contact, d'autant plus énergiquement que la poussée des presses était plus violente; on avait conseillé au constructeur de modifier la forme des refouloirs, notamment de les creuser en pointe de diamant pour diminuer les pressions sur les parois des cases; le résultat eût été médiocre : la méthode môme était mauvaise, le système condamné d'avance ; l'expérience ne fit que confirmer la justesse du raisonnement.
D'ailleurs leTcintre traînant n'est pas pratique ; pour un avancement de 5 m. par jour, vitesse qu'on peut espérer réaliser avec un bouclier bien conçu, il faudrait un cintre de 20 m. de longueur, la maçonnerie de béton exigeant 4 jours de prise au moins avant le décintrement : quel poids à traîner et quel effort de frottement à vaincre !
Les cintres eussent-ils été indépendants du bouclier, ce qui eût réduit de moitié les surfaces frottantes, que le succès n'eût pas été davantage réalisable. La réussite remarquable du siphon de rOise, revêtu lui aussi en béton, fut due à ce que le béton était comprimé entre deux enveloppes fixes ; l'effort des presses n'avait à surmonter que le frottement des terres sur le bouclier lui-môme.
A cette erreur de principe s'ajoutèrent des dispositifs de construction éminemment vicieux ; les cornières qui reliaient les cintres à l'armature avaient deux défauts très graves : d'abord elles augmentaient la surface de frottement, déjà trop considérable, du béton contre le métal ; ensuite elles divisaient le revêtement en éléments qui, à l'arrière, par suite de la prise déjà, partielle, ne se soudaient probablement pas entre eux d'une façon parfaite ; nous avons eu occasion de faire remarquer que avec l'emploi du béton, on s'expose à partager le revêlement en anneaux séparés par des surfaces de moindre résistance : c'est accroître le mal que de rendre en outre possible l'existence de plans longitudinaux de môme nature.
Après de pareilles critiques il paraît inutile d'ajouter que Tengin était mal équilibré et peu facile par suite à diriger; sur un parcours de 3 m., il avait baissé de 0,30 m.