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Fig. 50. — Disposition du chantier. Croquis schématique.
1, dépôt de charbon. — 2, locomotive Laparra. — 3, dynamo. — i. pompe Noël pour ralimentation
— 5, compresseur Roy. — 6, réservoir d'air. — 7, compresseur Roy. — 8, locomotive Weyier ol Kichmond. — 9, compresseur Roy. — 10, treuil électrique. — 11, fosse des d«''blais. — 12, sas d'air.
— 13, pompe NoH, pour épuisements. — 14, puits. — 15, forge. — 16, magasins. — 17, voie Decauville pour l'évacuation des déblais. — 18, réservoir. — 19, locomotive Herman l^achapelle. — 20, compresseur Saulorre. — i2, bureau de l'Entreprise. ~ 23, magasin de ciment.
Roy; le premier pouvait donner 15 400 m' d'air par 24 heures; les autres, tournant à 90 tours par minute, produisaient 10 000 m' d'air par 24 heures; soit en tout 46 000 m'.
Le treuil électrique était placé en avant du sas ; sa dynamo réceptrice avait une puissance de 4 chevaux; la manœuvre s'accomplissait sur les ordres donnés de l'intérieur au moyen de signaux sonores conventionnels.
L'une des pompes Noël avait un diamètre de 0,030 m. Elle aspirait Teau en rivière et la refoulait dans un réservoir, pour l'alimentation générale du chantier, Tautre avait un diamètre de 0,050 m, elle servait alternativement aux épuisements ou au remplissage du réservoir.
* Conséquence fâcheuse, la température s'élevait dans la galerie à 40*.
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Les pompes du bouclier étaient actionnées par deux dynamos Hillairet Huguet de 3 chevaux, consommant de 10 à 12 ampères sous 220 volts.
L'éclairage était assuré par des lampes de 16 bougies dépensant ensemble 5 ampères.
Au total l'énergie électrique produite se repartissait ainsi :
Dynamo génératrice 12 chev.
Treuil électrique 4 chev.
Bouclier 6 chev.
Eclairage 1,5
Total 11,5
Vitesse. — L'appareil fut monté en novembre 1897 et commença à marcher dès la fin du mois; au l*"" décembre il avait parcouru 7,62 m.
La vitesse mensuelle varia de 19,75 m. (mars 1898) à 28,73 m.
Kov. Dec. Jan. Fév. Mars Av. Mai Juin Juil Août Sept Nov. Dec Fig. 51, — Diagramme de marche du bouclier.
(juillet 1898); en moyenne on ne parcourut donc jamais 1 m. par jour, mais seulement 0,80 m.; 1res souvent on ne faisait qu'une course de 0,50 m. ; Tavancement, d*ailleurs, était fort irrégulier. Cette lenteur était la conséquence inévitable de Texiguïté de la section, du travail dans Tair comprimé et de la nature ébouleuse des terrains.
Le diagramme ci-dessus (fig. 51) résume les différentes phases de l'avancement mensuel.
Terrains rencontrés et épuisements, — On a rencontré surtout des sables jaunes colorés d'oxyde de fer, des sables gris siliceux, des sables verdàtres glauconifèrcs, des sables coquilleux mêlés de gravier et quelques lentilles de calcaire.
Au début, Fcau était peu abondante, on pouvait Tévacuer directement en utilisant la surpression intérieure : il suffisait d'ouvrir un robinet monté sur le sas et mettant en communication avec l'air libre un tuyau dont l'autre extrémité plongeait dans l'eau.
Quand renfoncement vertical fut trop considérable pour que cet artifice continuât à réussir, on installa une pompe à bras dans la galerie; cette pompe de 0,030 m. de diamètre, manœuvrée par trois ouvriers, refoulait l'eau à une pompe Noël de 0,030 m. de diamètre placée à l'extérieur.
Incidents. — Nous avons dit que les anneaux cylindriques de l'armature étaient limités par des sections droites; comme on décrivait en profil une courbe à peu près continue, les génératrices inférieures devaient avoir une longueur plus grande que les génératrices supérieures ; aussi intercalait-on dans le joint des deux secteurs inférieurs, outre la feuille de feutre indispensable à l'étanchéité, une rondelle de plomb convenablement amincie ; le môme procédé servait à rapprocher de l'axe un anneau de l'armature quand le précédent s'en était écarté.
Les guides qui assuraient Texistence d'un vide de 0,05 m. entre l'enveloppe du bouclier et la tôle de la galerie, étaient un peu trop longs ; ils ne laissaient pas au bouclier une indépendance suffisante pour décrire les courbes : on dut les couper.
De plus sous l'effort de ces guides le dernier anneau mis en place fatiguait beaucoup, il se déformait et les trous des boulons d'assemblage des cornières n'étant plus en regard les uns des autres, il fallait les aléser, si bien que le montage fait au préalable à l'extérieur avant la descente en galerie n'était presque d'aucune utilité.
Dans l'intervalle annulaire qui séparait les deux tôles, les pertes d'air étaient souvent très fortes ; on le fermait alors avec une couronne d'argile dans laquelle on pratiquait successivement de petites ouvertures par où l'on enfilait le mortier ; la pressioA
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intérieure se chargeait d'entraîner ce dernier; avec des fiches en fer les maçons vérifiaient et assuraient au besoin la perfection du bourrage. Quand le sifûement avait disparu c'est qu'aucun vide ne subsistait plus.
L'armature elle-même n'était pas étanche, malgré les précautions prises pour la confection des assemblages; en raison du peu de précision apporté à la coupe des tôles et au montage des cornières sur elles, un serrage énergique des joints ne suffisait pas à empêcher les pertes d'air.
Mais si cette perméabilité était un inconvénient pour le maintien de la pression intérieure et par suite une cause d'augmentation de dépense, elleétaitau contraire très avantageuse pour le revêtement; l'air enfermé dans la maçonnerie au moment de sa confection pouvait s'échapper au dehors ; il ne risquait pas de venir sourdre à l'intérieur en soufflant l'enduit, au moment de la décompression.
Faute d'une pareille issue pour les gaz, l'enduit du radier dut être partiellement refait ; quand, en effet, le travail terminé, on lâcha la pression, l'enduit . .^ v^or <-
se souleva et se fissura avant môme que la surpression intérieure descendît à 0,4 d'atmosphère, de petites détonations et de légers sifflements indiquaient clairement qu'il y avait dégagement d'air.
On plaça alors un grand nombre de tubes en fer dans la masse du béton et on refit les enduits ; quand tout échappement d'air eut cessé, on boucha successivement les tubes avec des bouchons métalliques filetés.
Nous avons dit plus haut comment on ramenait le bouclier dans la bonne direction quand il s'en écartait légèrement, soit en plan, soit en profil.
S'il s'agissait de le faire monter rapidement, au moyen d'une pièce A (fig. 52) on reportait à l'arrière la butée du masque, et on
Fig. 52. — Dispositif employé pour faire monter le bouclier.
engageait une seconde pièce inclinée B sous les consoles d avantbec; en avançant, l'appareil redressait cette chandelle et s'élevait d'autant.
Fin du travail. — On arrêta le bouclier en décembre 1898 à 3 mètres du puits vertical foncé sur la rive gauche ; on démonta la machinerie et tous les fers en ne laissant que lenveloppe d'acier.
Le puits avait été exécuté par les moyens ordinaires et bétonné à l'aide d'un mandrin porté par quatre chaînes reliées à un câble. On l'avait descendu à une profondeur plus grande que celle prévue pour être sûr que la galerie le rencontrerait : on en fut quitte pour remplir la partie inférieure avec du béton.
La jonction entre la galerie et le puits fut réalisée au moyen d'anneaux courants coupés et montés à la demande. '
Goncluôion. — Le prix de revient fut par mètre linéaire de 333,74 fr. pour le puits et de 1245,93 fr. pour la galerie.
La substitution de l'acier à la fonte* dans la confection de l'armature était une innovation excellente ; outre que les segments d'un poids peu élevé étaient facilement maniables on a réalisé ainsi une sorte de galerie en béton armé, le métal travaillant i l'extension et la maçonnerie à la compression; l'expérience a montré ce qu'on peut attendre d'un pareil procédé de construction au point de vue de la résistance.
Le béton fut comprimé par les vérins même, au moment de la marche du bouclier; il ne serait pas prudent décompter sur son homogénéité absolue, il est très probable qu'il se trouve divisé en tranches de longueurs égales aux différentes courses, séparées par des surfaces de moindre résistance, car si l'effort de compression qui s'exerce sur un anneau n'est pas supérieur à celui qui a agi sur l'anneau précédent, il ne saurait le faire pénétrer dans ce dernier d'une façon suffisante, d'autant plus que l'effort très énergique sur la première tranche s'affaiblit sur les autres à mesure qu'on pénètre plus profondément dans la masse ; or, très
* Le revêlement métallique des siphons de Clichy (1892-1894) et de la Concorde (1895-1896) est en fonte de 25 et 20 mm. d'épaisseur.
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souvent à une course effectuée avec une pression de 80 kg. par centimètre carré succédait une autre où 30 à 35 kg. suffisaient.
En pareil cas, il est prudent de compter plutôt sur Tenveloppe d'acier et de la calculer largement.
L'idée d'un intervalle laissé entre Tarmature et le bouclier était fort heureuse, non seulement elle permettait de protéger le métal par un revêtement extérieur, mais surtout elle supprimait Tinconvénient qui résulte du bétonnage sous la queue môme ; dans ce cas, en effet, quand on met la pression sur les vérins, le béton serré sous Tenveloppe s'oppose au naouvement de progression de celle-ci : il fonctionne comme un frein dont la puissance est directement liée à l'effort exercé par les presses.
Il y a peu de choses à dire de l'engin lui-même ; si les guides de réglage n'avaient eu que 0,25 m. de longueur le bouclier aurait eu plus d'indépendance par rapport à l'armature et le montage de celle-ci eût été plus facile.
En raison de la faible vitesse d'avancement on aurait pu réduire aussi la longueur du cintre métallique, la maçonnerie étant toujours prise bien avant le décintrement.
Quant aux phénomènes de soufflure des enduits, ils montrent que pour un travail analogue dans lair comprimé, il est indispensable de ménager à l'air des issues d'autant plus nombreuses que l'armature est plus étanche.