CHAPITRE III
PROLONGEMENT DE LA LIGNE D'ORLÉANS DE LA PLACE WALHUBERT AU QUAI D'ORSAY
Exposé. — L'excentricité de la gare terminus du réseau d'Orléans, située place Walhubert, était une gône considérable pour les voyageurs, surtout pour ceux des trains de nuit. Afin d'éviter cette sujétion, la Compagnie résolut de prolonger sa ligne principale jusqu'au cœur de la ville, sur l'emplacement de Tancicnne Cour des Comptes. Cette amélioration indéniable aura pour conséquence de donner un grand essor à toute une partie de la banlieue parisienne encore peu fréquentée et d'augmenter le trafic d'une façon notable. Le prolongement de la ligne de Sceaux jusqu'au carrefour Médicis accrut en effet de 40 p. 100 dès la première année le mouvement des voyageurs au départ de Paris et l'on peut espérer des travaux actuels un résultat aussi concluant.
La nouvelle gare construite en bordure des quais et de la rue de Bel léchasse sera exclusivement réservée au service des voyageurs avec et sans bagages ; l'ancienne gare conservera son affectation primitive en ce qui concerne les trains militaires, d'excursions, de pèlerinage, les messageries et les postes.
Tracé. — La nouvelle ligne (fig. 53) plonge sous les bâtiments de l'administration, passe sous la place Walhubert, et débouche sur le quai bas Saint-Bernard près du pont d'Austerlitz. Elle suit la Seine à ciel ouvert jusqu'à l'amont du pont Sully, sur 650 m. environ, puis pénètre sous le quai haut et reste en souterrain jusqu'au point terminus.
PROLONGEMENT DE LA LIGNE D'ORLÉANS
Le niveau du rail est en général celui des eaux ordinaires de la Seine; afin d'éviter les infiltrations au travers des maçonneries on a ménagé dans les radiers des chapes montant jusqu'à 2 m. au-dessus du niveau de la retenue normale de Suresne. Un aqueduc central recueillera d'ailleurs les eaux et les conduira à des puisards d*où les pompes les rejetteront dans le fleuve.
Section transversale. — Suivant l'espace dont on pouvait disposer sous les chaussées on a recouvert le souterrain d'une voûte ou de tabliers métalliques.
La largeur est de 9 m. correspondant à deux voies, la hauteur libre sur rail et sous clef n'est que 8 m. pour les voûtes et 4,50 m. pour les tabliers ; ces hauteurs réduites sont suffisantes pour la circulation du matériel ; leur adoption a permis de ne pas descendre les radiers trop bas, et par suite de diminuer les souspressions.
Sur les 500 derniers mètres entre la station de la place Saint-Michel et la gare du quai d'Orsay on a prévu deux voûtes accolées ; le second souterrain servira au passage des voies de raccordement de la ligne de Sceaux avec la ligne principale.
Importance des travaux. — La longueur du tracé est un peu
supérieure à 4 kilomètres ; les dépenses ont été estimées à 40 millions dont 17 550 000 seulement pour Texécution deTinfrastructure, y compris les frais de déviation d'égouts, conduites d*eau, canalisations électriques.
Des boucliers. — Pour le percement des parties voûtées du souterrain on recourut à l'emploi d'armatures métalliques. M. Chagnaud (l'entrepreneur du collecteur de Clicliy extra-muros) obtint ladjudication de ce travail ; il mit en service deux engins qui partirent l'un du pont Sully et l'autre de l'Institut.