‹ Le Bouddha et le BouddhismeChapitre 4 sur 85 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

L’origine du Bouddha; — Epoque de sa naissance, son éducation.

1. Il y avait vers le nord de l’Inde une antique famille royale, appelée la famille des Çàkyas.

2. Le chef de cette famille régnait dans la ville de Kapilavastou, qui était placée entre le pays de Kôçala (Oude) et le Népâl, près de la ville actuelle de Gorakhpour, dans le Béhâr.

3. Il s’appelait Çouddhôdana , fils de Sinhahânou, ûls de Djayasêna, qui descendait, dit-on, d’ikchvâkou, d’une illustre famille de héros védiques, et roi de Kôçala.

4. Çouddhôdana était vassal du puissant souverain de Magadha, car l’Inde, aussi bien que la Chine, avait alors une constitution féodale.

5. Le pays de Magadha, placé entre le Gange au nord et le Bengale au midi, fut de tout temps un des royaumes aryens les plus importants, et parce qu’il était le séjour préféré des brâhmanes , faveur qu’il partageait avec le pays de Tirhout qui le limitait au nord, on l’a appelé Béhâr, de vihâra demeiire brahmanique.

6. Ce fut dans l’an 622 avant la venue de Notre-Seigneur, que le roi Çouddhôdana eut un fds.

7. Ce fds reçut dans la cérémonie prescrite par la loi au 10e ou 12e jour après la naissance, le nom de Siddhârtha (celui qui réussit) 5 on l’appelait encore Çâkyasinlia (le lion delà race des Çàkyas).

8. Conformément à l’Écriture, qui dit : Que le nom d’un homme de la classe des guerriers exprime la puissance et la protection.

9. L’enfant eut un gouroü (lama en tibet.) ou précepteur spirituel qui' l’instruisit dans tout ce que doit connaître un homme régénéré par l’investiture de la ceinture, du cordon sacré, et la communication de la Sàvitrî, la plus sainte de toutes les prières.

10. Cette invocation est écrite dans le Rig-Véda, et la voici : « Méditons sur la lumière admirable de l’astre de » splendeur ( Sâvitrî ), puisse-t-il guider notre intelligence! » Désireux de nourriture, nous sollicitons par une humble « prière les dons du soleil adorable et resplendissant(5âri<n). « Guidés par leur intelligence, les prêtres honorent le divin « soleil (Sâvitri) par des sacrifices et de saints cantiques. »

1 1 . Le gourou donc enseigna au jeune Siddhârtha la lecture du Vèda et l’exégèse que commençaient déjà alors à donner de ce livre les grammairiens, dont Yâska , vers 490, et Pânini vers 3u0, av. notre ère, devinrent les représentants les plus illustres.

12 II le guida dans l’étude des traités védiques accessoires, nommés Vcdangas, où les brahmanes exposaient les lettres humaines.

13 II lui fit connaître les recueils des cosmogonies et des théogonies, comme aussi les faits et gestes des dieux et des héros, recueils qui, amplifiés de mille manières et toujours dans le but de maintenir la prépondérance delà caste brahmanique, nous sont parvenus sous le nom de Pourânas.

14. Il lui transmit les traditions sur les anciens sages et les rois, traditions qui subirent par la suite un remaniement analogue à celui des Pourânas ou Antiques, et furent nommées Itihâsas.

15. Enfin, il lui dit les bonnes coutumes et observances religieuses, telles que l’entretien du feu consacré, la manière de faire les sacrifices, les austérités et l’aumône.

1 6. C’est ainsi que Sidddhàrtha devint instruit et qu’il atteignit l’âge de 16 ans.

17. Alors il entra dans l’état de Grihaslha ou maître de maison, pour engendrer un fils.

18. C’est un devoir sacré, sans l’ accomplissement duquel il n’y a pas de bonheur dans l’autre monde.

19. En vertu de cette parole de la loi : « L’homme qui se « retire du monde, avant d’avoir engendré un fils, se préci- « pite dans l’enfer. »

20. Et ailleurs : « Par un fils, un homme gagne les mondes « célestes ; par le fils d’un fils, il obtient l’immortalité -, par le « fils de ce petit-fils, il s’élève au séjour du soleil. »

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