CHAPITRE Ier
Les origines de la doctrine du Bouddha sont dans le Magisme. — Le Bouddha est allé les y chercher. — Première tradition bouddhique qui nous indique la source de la doctrine de Çâkynmouni : l’apparition de V étoile des Mages.
1 . Les Chinois, au rapport d’un homme grave et consciencieux, le P. Navarrete, ont une traditionsuivant laquelle
TRADITIONS PRIMITIVES
Çâkyamouni aurait acquis la connaissance de sa doctrine en s’appliquant à la contemplation de l’étoile dumatin ( mirando a la Estrella de cl Alva).
2. Les Hindous et les Tibétains, de leur côié, disent que l’astre appelé pouchya , l’étoile du signe zodiacal qui tend incessamment vers le soleil, le Scarabée, présida à la naissance du Bouddha, et que ce même astre se leva au moment où le (ils de Çouddhôdana partit de chez lui pour aller à la recherche de la science -, puis, que Çâkyamouni atteignit à la solution du problème qu’il s’était posé, au moment du lever de l’aurore.
3. Enfin, Clément d’Alexandrie dit, d’après Mègasthcne, qui, par sa position comme ambassadeur de Séleucus Nicator près le roi Tchandrayoupta était à même de bien connaître le bouddhisme, « que les religieux et les religieuses bouddhistes » observaient le ciel et tâchaient d’y lire les choses futures. »
4. Ces renseignements sont d’une extrême importance en ce qu’ils nous indiquent la voie où il faut chercher les origines de la doctrine du Bouddha.
o. Elles nous conduisent directement à l’ouest de l’Inde, dans l’Orient proprement dit.
6. C’est là en effet que longtemps avant qu e Balaam fils de Béor, n’eût prophétisé en disant : « Une étoile naîtra de » Jacob! » nous trouvons dans les âmes une tradition vague que l’accomplissement d’une promesse divine était attaché à l’apparition d’une étoile particulière, et où par suite on s’était mis à observer le firmament et à y jeter des regards pleins diî désir.
7. De tout temps les Mages ont salué de leurs hymnes le lever des étoiles et le lever de l’aurore -, et de leurs contemplations du firmament est. née la science astronomique.
8. Callisthène, compagnon d’Alexandre, qui s’en était renseigné sur les lieux, la fait remonter au delà de 2,000 ans avant Jésus-Christ.
9. Diodore de Sicile, qui a composé ses livres sur des documents en partie très-anciens, parle dans le même sens.
10. Les Chaldéens, par où l’on peut entendre tous les sectateurs du Magisme, les Chaldéens avaient cultivé la science
astronomique avec plus de soin qu’aucune autre nation. Ils avaient fait de longues observations des astres, et connaissaient leurs mouvements et leurs influences : ils y étaient les plus habiles, « mortalibus universis præcellere. »
11. L’antique croyance sur laquelle reposait le Magisme était qu’une Étoile devait luire sur l’humanité déchirée par le mal, comme la mer par la tempête, et lui annoncer l’aurore d’un jour meilleur.
12. C’est cet astre que les Mages saluaient par avance comme une autre arche qui leur apporterait le salut, « l’attente » des nations , » et en lequel tous les peuples de l’Orient espéraient d’un si ferme espoir que dans leur écriture figurée ils exprimaient Dieu et étoile par un seul et même signe.